• Ah, le train de la vie s'est arrêté trop tôt

    Des gens ont peur. De minuscules virus pourraient soudain contribuer (le mot est important) à leur ôter la vie, ou du moins comme on le constate, ils peuvent éventuellement affaiblir l'organisme au point qu'il puisse être attaqué par des microbes assez gros, capables de noyer les poumons.

    Là-dessus, réfléchissons un peu à la cause de cette peur. Mais peur de quoi ? La Vie ne saurait mourir, même sans doute si une grosse météorite (1000 Km de diamètre, au hasard, soit la moitié de la Lune) venait à rencontrer sans douceur la boule sur laquelle nous sommes. Il resterait certainement au fond de quelque cañon les germes d’un retour à des êtres complexes. Non ce qui meurt, plus ou moins naturellement, plus ou moins vite, ce sont de simples éléments de cette Vie. S’enorgueillir d’être plus ne serait-il pas malséant ?
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    En fait ce que les êtres pensants de cette chère petite boule veulent protéger, ce n’est pas leur propre vie, c’est l’influence qu’ils peuvent avoir sur leur environnement. Cette influence comporte deux choses : de l’énergie sous forme de gestes comme celui du paysan ou du sculpteur, et du temps pour que la statue réussisse à prendre forme, et que la graine semée germe, grandisse, et soit récoltée pour fournir à son tour de l’énergie pour que…. il y faut une certaine abnégation, une patience qui se comptent en heures ou en siècles.
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    Que peut se dire, en méditant, le philosophe, ami de la sagesse ? Un jour, comme dans la dernière phrase de la chanson de Jacques Yvart, « On joue à l’homme », une petite fille vient rappeler « Mais rien n’est changé, chante un autre au verger ». La Vie continue, d’autres prennent la suite, et l’on ne comptera qu’à l’aune de ce qu’on aura apporté de personnel. Dans ces conditions celui (ou celle, cela ne change rien) qui a peiné pour pénétrer dans un monde cruel au sortir du doux cocon de sa maman, a déjà vécu l’un des pires traumatismes de son histoire. Quand il le faudra, il prendra une dernière porte, et les autres prendront la suite dans l’indifférence de cette vie partie ailleurs. La belle affaire !
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    On peut imaginer que ceux qui se croient très importants parce qu’ils sont très cruels, très bêtes, ou les deux à la fois, voudraient sans doute être là à jamais, traînant d’autant plus leur inutilité qu’elle est plus immense. Un jour, un truc tout bête, presque autant qu’eux en somme, les fera trébucher, et ils tomberont comme tous les autres. Ce sera un virus, le poison d’un opposant, ou l’arrêt naturel de leurs fonctions internes, peu importe. Seule comptera la vision qu’en auront les autres, plus tard : c’est là qu’on note que des très grands peintres ne furent révélés qu’après leur départ. En revanche, d’autres loués naguère, ne surnagent que par quelques lignes dans un guide poussiéreux.
    Sic transit gloria mundi.

     

     

     


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