• Quelle est la solution, pour enlever au capitalisme sa capacité de nuisance extrême ? Comment délivrer l'humanité entière, et par contrecoup la Planète, de ce fléau de plus en plus prégnant et dangereux ?
     
     
     
     

    Voici une solution de loin la plus simple en son principe, sans l'être vraiment pour autant. Enlever toute signification à la monnaie, aux devises, en supprimant la propriété privée, et en la remplaçant par le seul droit à la jouissance des biens, quels qu'ils soient. Plus de thésaurisation, plus d'inégalité dans les droits, plus de PROFIT : chacun se retrouve avec des tâches (le terme travail disparaît) concernant lui-même, ses proches, ou sa communauté de proximité, ou l'humanité entière. Il revient à des coordinateurs, pas toujours les mêmes surtout, de répartir les tâches entre tous. Ces coordinateurs ne sont pas des chefs, puisque chacun le devient à son tour. Pour lever un meuble lourd, pour bâtir un mur, le coordinateur est nécessaire. Il n'est pas au-dessus des autres, il accomplit sa tâche comme les autres.

    En tout cas, avec pareil système, la monnaie et les devises deviennent inutiles, puisqu'il ne s'agit plus du tout d'échange, mais de partage. "De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins". Il faut bien l'avoir à l'esprit, nous sommes à la fois TOUS égaux, et TOUS différents. La société actuelle va s'arranger pour avantager certains, en fonction de talents arbitrairement "supérieurs", et dénigrer d'autres, dont les talents tout aussi réels ne sont pas mis en valeur, pour des raisons aussi triviales que "la mode". Il faut changer tout cela, et reconnaître en chacun ses vraies possibilités, ses richesses, différentes de celles du voisin. On est bien loin de la standardisation, et aussi de la compétition, dans un pareil contexte. Cela s'apparente fort au vrai sens du mot "Djihad", si malmené aujourd'hui, et aussi à la philosophie de l'Ubuntu. 
     
     
    « Quelqu'un d'ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi — qui vient de la connaissance qu'il ou elle a d'appartenir à quelque chose de plus grand — et qu'il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou opprimés. »


     

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  • Mauris Dwaabala apporte une belle critique mesurée et en demi-teinte des déclarations habituelles de Jean-Luc Mélenchon.  Je ne peux que l'approuver.




     















    Dit autrement, rien de changé : notre ennemi est à la City de Londres. On l'a démontré ailleurs, tout ce PROFIT qui s'écoule de nos plaies vers des paradis fiscaux de multiples façons, aboutit en fin de compte dans ce quadrilatère grand comme l'île de Bréhat, sauf qu'il compte presque autant de banques que l'île a d'habitants. La City, qui politiquement ne rend de comptes à personne, pas même le souverain de Grande-Bretagne, redistribue cette manne sous forme de trafics d'influence divers, et reste maître du Jeu.

    Oui, c'est toujours le Grand Jeu de Kipling, et plus que jamais il est d'actualité douloureuse et effrayante. William Pitt est toujours là, que ce soit dans les couloirs de la Maison Blanche ou ceux de Downing Street. Les mêmes le conseillent, eux ou leurs descendants. Ce sont les mêmes familles, une dizaine tout au plus.

    Les autres, les Merkel, Hollande, Juncker, ne sont que les laquais non lobotomisés, mais subjugués. JLM ne le verrait-il pas ? Serait-il contaminé ?



    Le seul salut est dans la sortie de cette nasse, voulue par le Peuple : ni UE, ni FMI, ni BM, ni OTAN bien entendu, ni OMC, et retour vers le salut que peut constituer la Charte de La Havane s'appuyant sur la Déclaration de Cocoyoc. Déjà les pays d'Amérique Latine seront prêts à cette solution, et certainement d'autres pays d'Europe y adhèreront avec joie dès qu'ils auront bouté les actuels contremaîtres ou contremaîtresses qui les oppriment. Nul doute que les BRICS s'y associeront, au moins, voire y adhèreront à leur tour.

    Sauf si, entretemps, le seul pays qui a osé (deux fois) allumer le soleil de mort récidive, plongeant notre planète dans le néant.  Ne nous reste-t-il plus que quelques semaines à vivre ?

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  • Plus que jamais,  les partis traditionnels, tous, absolument tous, sont confrontés à une obsolescence de leurs statuts. Même parmi les formations les plus "révolutionnaires", la flamme pâlit et sent le vieux suif ranci. A plus forte raison chez les Grands Partis de Gouvernement, on sent résolument la fin de règne vermoulue, chancelante, soutenue par des beaux parleurs chez qui la langue de bois est la seule partie encore dure - l'oreille, aussi, c'est vrai, qui refuse d'entendre les récriminations, voire les insultes indignées du peuple. Décidément, le salut est ailleurs.


    Plus que jamais, je pense être sur la bonne pente, même si je me sens un peu seul parfois. 

    Avec méthode, j'ai participé à la campagne pour le boycott à ces élections.

    - élections sans enjeu, pour un parlement inutile de l'aveu même de Van Rompuy quelques jours avant le scrutin. Et comme je le soulignais dans un billet, même si le représentant du peuple à Strasbourg se donne l'illusion d'avoir une tribune, qui l'écoute quand les rares députés présents sont penchés sur leur tablette ou accrochés à leur téléphone ?

    - élections-caution à un Pouvoir qui a écarté d'un revers de main le NON des rares Européens à qui on a donné l'occasion de voter (vraiment pas beaucoup). Je ne parle pas des Luxembourgeois, cas à part s'il en est, tant ils profitent du système... Il fallait bien que les urnes boudées traduisent l'exaspération et le mépris de tous nos amis européens, car l'abstention fut large partout, même si les médias évitent d'en faire l'apologie.

    Je regrette seulement que cette abstention-sanction n'ait pas été plus large encore. Mais pour faire quoi, à la place ? Quelques voix se lèvent pourtant, pour suggérer autre chose. Des personnes relativement connues comme Pierre Rabhi. Des amis du Net, comme Caleb Irri. Moi-même, je m'étais fendu de quelques propositions, qui ne sont que cela bien entendu.

    Des alternatives vraiment différentes existent donc. Il sera difficile d'en diffuser la teneur, tant lémédia sont verrouillés (surtout en France) par nos opposants les Grands Capitalistes. En tout cas, quand je vois ces mêmes médias qualifier le FdG de "gauche radicale", j'ai un sourire un peu crispé. Il va falloir trouver mieux, aller plus loin, et convaincre nos compatriotes de nous suivre, ou plutôt de nous accompagner : c'est tous ensemble, sans se prendre pour des élites, qu'il va falloir œuvrer malgré les Forces de l'Argent. Quitte à utiliser leur goût du profit pour les détruire, comme un spécialiste d'arts martiaux sait utiliser la force de son adversaire.

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  • Pour sortir de la situation actuelle, il faut s'attaquer à ceux qui sont au-dessus de "nos représentants". Donc abattons le capitalisme.

    Pour abattre le capitalisme,il fait s'attaquer au PROFIT, qui n'est pas la juste rémunération d'efforts, mais l'accaparement de richesses créées par d'autres.

    Pour démonter les rouages du PROFIT, il faut en démonter les mécanismes, bancaires en particulier. Ce sont les banques qui créent une richesse parfaitement fictive, par un mécanisme du crédit basé sur une toute petite fraction des sommes prêtées.

    Pour démonter le système bancaire actuel, il faut ne prêter que des richesses existantes, qui seront rendues à l'organisme prêteur avec "un salaire" fixe (prêter un milliard ne coûte pas plus cher que prêter cent euros, mécaniquement).

    Pour que cette nouvelle disposition fonctionne, il suffit que chacun dépose ses richesses dans une "banque" centrale, ce qui élimine la concurrence - vu qu'il n'y a plus de "PROFIT", c'est logique.

    Puisque chacun prend ce dont il a besoin, et seulement cela,  pour le rendre ensuite quand il a créé à son tour de vraies richesses, c'est tout le monde qui s'enrichit ensemble.

    De quoi a-t-on vraiment besoin ? Un toit pour se loger ? Quelques vêtements, la nourriture nécessaire chaque jour, de quoi se soigner éventuellement, tout cela peut se faire facilement puisque nous sommes tous égaux en droits et en devoirs, et en même temps TOUS différents. Pas au-dessus, en-dessous, seulement différents.

    Le ramasseur de poubelles, chacun en aura besoin au moins une fois par semaine. Le chirurgien, avec un peu de chance, jamais. Le second aura besoin de plus de temps pour étudier "son art", pendant ce temps-là c'est l'effort commun qui lui permettra de continuer à vivre normalement, y compris celui du ramasseur de poubelles. Des rémunérations aussi différentes n'en ont plus de sens.

    Tout le monde est utile, excepté celui qui ne veut pas l'être, lui seul se retrouvera marginalisé par sa propre faute. Et signalons-le là : une femme enceinte, elle aussi, est créatrice de richesse, la plus grande richesse sans doute : potentiellement de nouveaux talents.

    Avec une nouvelle prise en compte du monde, la propriété privée ne se justifie plus. Elle que même les révolutionnaires de l'An II n'ont pas osé toucher. Rappelons, par exemple, que selon les phases de la vie on a besoin de plus ou moins de place, il suffit donc de créer des logements pas forcément "standard", mais surtout adaptés à ces différents besoins. Le "droit d'usage" existera toujours, la propriété pleine et entière ne se justifiera plus du tout. Ce sera valable pour tout bien entendu.

    Avec ces nouvelles notions, l'écologie deviendra un composant naturel de la vie. Terminé le productivisme, ne sera fabriqué que ce qui est nécessaire, à la demande. Il suffira de faire du solide, simple, qui dure et est réparable.

    Par ce fait, disparaîtront plein de métiers comme la publicité, comme la grande surface consumériste, comme l'assureur presque toujours inutile ("les petites lettres"), comme le banquier omniprésent,  En revanche l'artisanat pourra refleurir. La convivialité y gagnera grandement. La solidarité ira de pair, avec la confiance. Plus de voleurs, donc pratiquement plus de police avec les abus qui en découlent trop souvent.

    Je rêve ? Ne nous y trompons pas, quand les ressources de la planète auront encore baissé en raison de la boulimie à laquelle des personnes très intéressées veulent nous soumettre, il faudra bien en arriver à cette vie frugale, mais enrichissante en vraies valeurs humaines.

    Encore une raison pour sortit de "cette Europe" qui est un élément très important du Système. Disons NON, en refusant de voter, ce sera un premier pas vers un monde différent, et sûrement meilleur.

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  • C'est le moment de répercuter une analyse d'autant plus aiguë et pertinente, qu'elle provient d'une personne étrangère, donc pouvant avoir du recul. Merci au Grand Soir de "donner à lire" une fois de plus.

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    Une vision de la France de François Hollande depuis l’Espagne

    "L’anomalie française", dernier obstacle à l’hégémonie allemande, arrive à son terme

    Le 17 novembre 2013 Paul Krugman a tiré la sonnette d’alarme et dénoncé l’existence d’un « complot » contre la France. La raison : l’abaissement de la notation financière du pays gaulois par l’agence Standard & Poors.
    D’une part, il prenait note de la campagne initiée par des grands média économiques internationaux, qui qualifiaient la France d’authentique « bombe à retardement », potentiellement plus grave que l’Espagne, la Grèce et le Portugal ; d’autre part, il analysait ses plus importantes variables macroéconomiques sans trouver aucune raison pour tant de pessimisme et d’inquiétude, surtout par rapport à d’autres pays du soi-disant « noyau » européen. Sa conclusion ne pouvait pas être plus directe : « La France a commis le péché impardonnable d’être financièrement responsable sans faire souffrir les pauvres et les indigents. Elle doit être punie ».

    Deux mois plus tard, le célèbre prix Nobel d’économie revient sur le même sujet, cette fois avec un titre encore plus significatif : « Scandal in France ». Le centre de l’histoire : le changement radical de position du président Hollande vers des thèses néolibérales, la réduction de l’impôt des sociétés et des dépenses de l’État tout en revendiquant, ni plus ni moins, la fort connue loi de Say, « l’offre crée sa propre demande ». Il est probable que Marx et Keynes auront sursauté dans leurs tombes en se souvenant ironiquement que lorsque les théories des intellos coïncident avec les intérêts des tous puissants, elles perdent en échange la capacité d’analyse et de prévision.

    Le vieux révolutionnaire ajouterait sans doute que le système continue de s’enfoncer dans des contradictions et que la crise ne va pas s’arrêter ; quant au libéral, il se demanderait encore une fois qu’est-ce qui devrait se produire pour que les économistes et les politiques de droite prennent vraiment leçon du passé et cessent de mettre en danger le bien-être des gens et, surtout, la viabilité du capitalisme lui-même.

    Il faut cependant nier l’affirmation que Krugman fait sur Hollande, car le président français n’a pas changé de position : maintenant il est simplement en mesure de rendre public son « agenda caché ». Chez nous, en Espagne, le PSOE a beaucoup parlé ces dernières années de « l’agenda caché » du Parti Populaire en attirant l’attention sur la duplicité et l’hypocrisie d’une droite qui dit une chose en tant qu’opposition et une autre radicalement différente quand elle devient gouvernement. Le programme réel caché des anciens sociaux-démocrates français et des conservateurs espagnols n’est nul autre que le réseau de pouvoir néolibéral institutionnalisé et garanti par l’Europe allemande de l’euro.

    Lorsque le président français, encore en violation de ses promesses de campagne électorale, a approuvé le « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union européenne » il a sciemment accepté de s’attacher les pieds et les mains aux règles et objectifs qui accentuent les traits « ordolibérales » du traité de Lisbonne et, de facto, font de celui-ci le vrai programme-cadre de gouvernement, en France et dans tous les pays de la zone euro.

    En juin dernier, avec sa clairvoyance habituelle, l’historien marxiste anglais Perry Anderson avait averti vers où se dirigeait vraiment le gouvernement français. Le virage à droite étant d’ores et déjà sous-entendu, il avait ajouté deux appréciations qui ont un grand intérêt pour nous les Espagnols. La première, que les socialistes étaient beaucoup mieux préparés que la droite pour mettre en œuvre le programme néolibéral, car ils auraient en face moins d’opposition syndicale et pourraient toujours utiliser l’épouvantail du retour de la droite au pouvoir pour apaiser sa base sociale et électorale.

    La deuxième appréciation était plus subtile : étant donné que les gouvernements – tous les gouvernements – mettent en œuvre des politique particulièrement négatives pour les citoyens, ils ont besoin d’un « supplément idéologique » pour polariser le débat public et souligner les différences. Le supplément idéologique de Sarkozy ayant été « l’identité nationale », celui de Hollande est le « mariage pour tous ». En Espagne il paraît qu’il sera l’avortement.

    Pour comprendre ce qui se passe et ce qui nous arrive il est essentiel de bien comprendre le rôle de l’UE dans le discours politique. L’Europe (confondue avec l’UE) est l’instrument, la justification et, finalement, la coercition nécessaire pour faire avancer le néolibéralisme dans tous et chacun des pays européens. Ce qui ne pourrait se faire sans grands conflits sociaux et politiques dans chacun des pays individuels, se fait dans toute l’Union sans nuire gravement à la gouvernance et à la stabilité du système.

    Le dispositif européen est extrêmement efficace : il sert d’alibi (l’Europe l’a déjà décidé), de justification (on ne peut pas revenir en arrière dans le processus d’intégration européenne, qui est une bonne chose en soi-même) et de coercition (ne pas respecter les traités est se condamner à sortir de l’euro et de l’UE). La clé : déconnecter la souveraineté populaire des décisions importantes qui affectent les populations. Voici l’autre face du processus d’intégration : de façon consciente et planifiée on cède des parties vitales de la souveraineté de l’État à des instances non démocratiques, structurellement liées aux groupes de pouvoir économique, qui prennent des décisions obligatoires pour les États et les personnes. La Troïka n’est que cela : les directeurs généraux des pouvoirs économiques unifiés derrière l’État allemand.

    Avec l’appui des employeurs et des institutions de l’Union, Hollande veut mettre fin à « l’anomalie française ». Ce que cela signifie est clair : mettre fin à un État fort, capable de contrôler le marché, de garantir les droits sociaux et d’assurer la citoyenneté pleine et intégrale. Au centre est la République, ses valeurs, ses institutions et, au-delà, la légitimité du système politique. Hollande fait face à un défi commun à tous les gouvernements de la zone euro : comment faire dans des conditions démocratiques que les populations acceptent la dégradation des services publics, la perte des droits syndicaux et du travail et la baisse substantielle des conditions de vie de la personne ?

    D’un autre point de vue, on peut dire que la grande tâche des gouvernements de l’UE et ses institutions est de conspirer systématiquement contre leurs citoyens. Pour atteindre cet objectif il est essentiel d’établir une forte alliance entre le capitalisme monopoliste-financier, les pouvoirs des médias et la classe politique.

    Dans ce contexte le rôle de l’Allemagne est une réalité qu’on ne peut pas oublier. On pourrait définir ce rôle comme suit : pour que l’État allemand puisse bâtir une hégémonie solide dans l’UE les autres États devraient devenir « moins États », c’est à dire, il doit y avoir un affaiblissement structurel des États-nations et de leurs instruments de régulation et contrôle. C’est là où apparaît la dimension géopolitique. La France est le seul pays qui est en mesure de s’opposer à la grande Allemagne et diriger les pays du Sud. La France républicaine, rebelle et nationale-populaire est encore la grande réserve spirituelle et matérielle de la démocratie plébéienne. Parler ici de Vichy, comme je l’ai fait tant de fois, est bien pertinent : à nouveau s’établit une alliance des pouvoirs économiques français et de l’État allemand pour mettre en échec le mouvement populaire et républicain qui existe vraiment à gauche. Hollande est au centre de cette alliance. Il ne faut pas s’étonner de sa politique étrangère agressive, de son étroit alignement avec les secteurs les plus durs de l’administration usaméricaine et sa subordination à l’État d’Israël.

    Est-il si étrange que dans un contexte caractérisé par la construction de démocraties « limitées et oligarchiques » avec dégradation des conditions de vie et perte radicale des droits, la croissance de l’extrême droite et le populisme nationaliste de Marine Le Pen gagnent du terrain ?

    Manolo Monereo Pérez
    Source : http://www.cuartopoder.es/tribuna/la-anomalia-francesa-ultimo-obstacul...
    Traduit par Manuel Talens pour Tlaxcala
    http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=11360
    »» 
    http://www.tlaxcala-int.org/article.asp++cs_INTERRO++reference=11360

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  • "La guerre, puisqu'il faut l'appeler par son nom
    La guerre, capable d'enrichir en un jour l'Achéron..."

    Les vers de La Fontaine ont été modifiés légèrement pour les besoins de la cause. Il fallait  introduire ce dur constat, publié ce matin sur Le Grand Soir. La guerre n'est pas une fatalité, mais un instrument au service des mêmes, toujours les mêmes. Ceux qui ont pignon sur rue dans les paradis fiscaux, et en particulier dans le coordinateur et le maître de ceux-ci, la Fameuse Cité de Londres, un État indépendant de fait, sinon de droit. Un État grand comme l'île de Bréhat, mais qui comporte presque autant de banques, et les plus grandes, que cette île n'a d'habitants.

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    Une société sans guerre(s) est peu probable. Une société capitaliste sans guerres est impossible.

    Pourquoi la guerre ?


    Une société sans guerre(s) est peu probable. Une société capitaliste sans guerres est impossible.On peut le montrer très facilement en systématisant les éléments d’analyses parfois épars que l’on retrouve chez Orwell et Mumford, mais également chez des auteurs contemporains comme Noam Chomsky, Jacques Pauwels et Annie Lacroix-Riz. (Afin de proposer une démonstration courte, je n’examine pas la définition du capitalisme par la "croissance".)
    Le pourquoi de la croissance, c’est la possibilité de mettre en œuvre une politique d’obsolescence sous ses formes cardinales. Force est cependant de constater que l’obsolescence ne parviendrait pas, à elle seule, à rencontrer le défi de la surproduction — qui est énorme et qui demande un moyen bien plus radical, un moyen qui travaillera à la fois en amont et en aval, un moyen qui formatera et le producteur et le consommateur. Ce moyen, c’est la guerre.

    Je ne parle pas de la guerre économique que tous les acteurs sont censés se livrer en permanence ; je ne parle pas non plus de la guerre sociale larvée dans laquelle vivent les individus conformes et atomisés (à la Machiavel ou à la Hobbes) ou de la guerre des classes (de Marx et Engels) ; je parle de la guerre en tant que production industrielle capitaliste. On ne trouvera rien de métaphorique ici.

    La stricte corrélation qui existe entre capitalisme et guerre a été pressentie entre autres par Karl Marx, Jean Jaurès, Georges Sorel et William James avant d’être analysée par Werner Sombart et Vladimir Lénine, mais surtout par Lewis Mumford (1932) et George Orwell (1949). Du point de vue de ces analyses, justifier la croissance équivaut à légitimer la guerre. On distinguera à leur suite trois types de fonction martiales, étagées selon leur degré d’évidence. Remarquons que chaque degré est directement corrélé à l’importance factuelle de la fonction, la moins évidente étant la plus fondamentale.

    Primo, les fonctions visibles sont stratégiques et tactiques. Il s’agit bien sûr de la défense nationale, mais cette notion simple est en fait susceptible de subir certains aménagements cosmétiques. S’agit-il de défendre son territoire stricto sensu (à la suisse) ou ses intérêts stratégiques (sur le mode us-américain) ? Le premier est clairement défini et la mission des armées de même ; les seconds peuvent porter sur des enjeux très éloignés dans l’espace et dans le temps, au point qu’une guerre sans fin contre « l’empire du mal », « la drogue » ou « la terreur » est tout à fait concevable.

    Ensuite, l’attaque préventive pour des motifs oiseux ou simplement fictifs est maintenant pratiquée en dehors de tout cadre juridique international – à moins que celui-ci ne s’avère manipulable sans efforts.

    Enfin, depuis 1971, l’attaque délibérée pour des motifs « politiques » peut être baptisée « guerre humanitaire » sans soulever aucun tollé chez les observateurs avertis. La guerre c’est la paix.

    Secundo, les fonctions liminales nous mettent en présence de trois grands archétypes. Par définition transhistoriques, on les retrouve dans toutes les sociétés et quasiment dans toutes les communautés.

    La religiosité renvoie au sacrifice tragique du guerrier et aux mythes primitifs ; mourir et donner la mort mettent en contact avec l’Ultime. La pratique de la guerre est proprement sacramentelle (cf. Eliade).

    Ensuite, les vertus martiales nous renvoient à un ensemble de valeurs mâles, soi-disant morales, fondatrices de l’État : la discipline de fer, l’intrépidité, le mépris de la douceur et de l’intérêt personnel, l’obéissance aveugle, etc.

    Enfin, cette abnégation assure la cohérence sociale (cf. Girard) et constitue une réponse efficace, à défaut d’être élégante, au danger malthusien (sous forme d’eugénisme de sa population et de génocide de l’adversaire). La liberté, c’est l’esclavage.

    Tertio, les fonctions invisibles portent plus directement encore sur les mécanismes de contrôle et de stabilisation de la société capitaliste.
    Il y a d’abord les fonctions politiques : créer l’unanimité par la distraction et, surtout, préserver les inégalités en exigeant la subordination en face de la menace extérieure, réelle ou imaginaire, immédiate ou annoncée.

    Ensuite viennent les fonctions économiques : la guerre permet bien sûr d’assurer l’accès aux matières premières et d’ouvrir de nouveaux marchés si les « partenaires commerciaux » s’avèrent peu sensibles aux arguments purement mercantiles (à la Ricardo) . Elle permet aussi d’écouler la surproduction de tout une série de biens et de services qui n’améliorent pas le sort des masses : il serait impossible de préserver le statu quo politique si les investissements portaient sur des biens socialement utiles (soins de santé pour tous, école démocratisée, infrastructures culturelles et sportives accessibles, autonomie énergétique, …) en lieu et place du socialement inutile.

    Enfin, il y a le keynésianisme militaire en tant que tel (que Chomsky a baptisé le « Pentagon system ») : en investissant massivement dans la recherche, le développement et la commercialisation de produits militaires, de leurs précurseurs et dérivés, l’État capitaliste stimule l’innovation technologique, l’emploi et la production industrielle. De plus, il offre des débouchés sûrs : le gigantesque marché militaire est garanti par l’État et financé par les impôts (payés par les pauvres) et les prêts (bénéficiant aux « marchés financiers »). La réticularité de cette pratique digne de la Russie soviétique (qui, soulignons-le, n’a fait que s’adapter, par la force des choses, au militarisme occidental) est tellement profonde et puissante que sa quantification est virtuellement impossible. Un exemple suffira : en 1955, lorsque Chomsky est titularisé comme professeur de linguistique au MIT (Massachussetts Institute of Technology), l’Institut était financé à 100% par trois corps d’armée. Le lecteur naïf s’étonnera d’abord que des travaux aussi abscons que la grammaire générative et transformationnelle soient entièrement financés par le Pentagone. Il ajoutera peut-être que le MIT était à l’époque le centre principal de résistance du mouvement anti-guerre et que, de fait, Chomsky n’a jamais épargné ses efforts pour dénoncer le militarisme impérial des USA.

    On admettra en effet que certaines recherches semblent fort éloignées d’une application militaire directe, mais dans le cas de la linguistique, il n’en n’est rien : comprendre la structure fondamentale du langage permettrait en effet de formaliser toutes les langues et de créer des logiciels de traduction universelle (et donc panoptiques) ; du reste, la programmation d’ordinateurs complexes, d’automates performants, de drones et de droïdes passe également par la création de nouveaux algorithmes. Que le MIT soit au surplus un nid de contestataires importe peu — à la condition expresse que ces universitaires contribuent par leurs travaux à alimenter la machine militaire et qu’en tant que contestataires leurs voix se noient dans le bruit médiatique. Si d’aventure elle se faisait entendre très brièvement, l’oligarchie s’empresserait d’y voir la preuve de la liberté d’expression qu’elle autorise avec la bienveillance qui la caractérise.

    En dernier lieu, on doit épingler les fonctions psychologiques : la militarisation de la vie sociale renforce l’infantilisation en exigeant l’obéissance – et la confiance – aveugles ; la guerre, lorsqu’elle éclate, brise l’ennui de la vie dans une société mécanisée qui ne propose plus aucun sens à l’existence. Le choc de la réalité est alors vécu comme libérateur. Vivre sur le pied de guerre, c’est vivre vraiment, c’est vivre aux extrêmes. Tout ceci ne présage en rien de la fonction dernière de l’entraînement militaire en général et de la guerre en particulier : prédation, agression et violence constituent des jouissances primitives (au sens de Lorenz, pas de Lacan). La libération du sadisme des oligarques, qui implique la possibilité d’enlever, de violer, de torturer et d’assassiner en dehors de tout cadre culturel (les mots manquent pour nommer cette logique qui n’est rationnelle qu’au sens pervers) sont l’alpha et l’oméga du fondement guerrier de nos sociétés. L’ignorance, c’est la force.

    Dernier ouvrage paru : De quelle révolution avons-nous besoin ? (Sang de la Terre, 2013)
    Echantillon de publications : http://chromatika.academia.edu/MichelWeber
    URL de cet article 21152

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  • Ah ! Voilà la fin de la trilogie de Robert Bibeau ! On n'est pas déçu. C'est flamboyant !


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    LE DÉCLIN DE L’IMPÉRIALISME CONTEMPORAIN (3e partie)

    </header>
    ROBERT BIBEAU

    Le stade ultime du système d’économie politique impérialiste se caractérise par une succession de crises sans fin. La semaine dernière nous avons présenté quatre axes d’effort déployés par la classe capitaliste monopoliste pour se sortir de ces crises successives . La semaine précédente nous avions présenté les 8 caractéristiques de l’économie politique impérialiste contemporaine .

    Cette semaine, attardons-nous aux soi-disant «Parcours de productivité afin d’assurer une plus grande compétitivité du travail salarié» que le patronat des différents pays en crise présentent comme la solution à tous leurs maux.

    Productivité et compétitivité du travail salarié
    L’essentiel de l’économie politique c’est la façon dont les hommes produisent et échangent leurs moyens de subsistance. Augmenter la part de la plus-value relative dans la production de ces moyens de subsistance est le motif de cette récente propagande médiatique à propos de la productivité et de la compétitivité autour desquelles chaque État impérialiste – grand ou petit – voudrait embrigader son prolétariat national contre tous les autres prolétaires de la Terre. L’ouvrier déjà surexploité avec forte intensité n’a pourtant rien à gagner de cette productivité accrue sinon des cadences de travail infernales, des journées de travail allongées, moins de sécurité dans l’atelier et sur les chantiers, un stress suicidaire et pas beaucoup plus de sous au bout de cette course effrénée contre sa santé.

    Les hausses de productivité signifient davantage de plus-value relative et extra réalisée pendant le temps de « surtravail » (non rétribué) produite grâce aux robots informatisés, et aux appareils sophistiqués (capital constant), remboursée à même le « surtravail » de l’ouvrier floué (14). Car le capital n’est pas seulement, comme le disait Adam Smith, le pouvoir de disposer du travail d’autrui mais, comme le disait Marx, le pouvoir de disposer d’un travail non payé. « Toute plus-value, quelle qu’en soit la forme particulière – profit, intérêt, rente, etc. – est en substance la matérialisation d’un travail non payé. » [K. Marx. Le Capital. Garnier-Flammarion. (livre 1). Chapitre XVIII. Page 383].

    Dans ce combat pour leur survie chaque grand monopole industriel, chaque multinationale, chaque oligopole, chaque cartel financier et, en définitive, chaque État impérialiste est en lutte contre tous ses concurrents monopolistiques. Les pays impérialistes montants, comme l’Inde, la Corée et la Chine, affrontent vigoureusement les pays impérialistes parvenus à maturité comme les États-Unis, la France, le Canada, l’Espagne ou l’Italie – y compris sur le front de la recherche-développement – où, ne voulant pas perdre leur avantage momentané (relativement à la plus-value absolue), ces nouveaux «dragons asiatiques» investissent tout autant que les États occidentaux en Recherche-Développement (R&D) pour innover et s’emparer de la plus grande part de plus-value relative et extra (15).

    Les crises récurrentes de surproduction relative (16) entraînent des coupes sombres dans les capacités de production locales, qui prennent la forme d’externalisation, de fermetures d’usines et de centres de services, de délocalisation d’entreprises industrielles, commerciales et de services, vers des contrées où le « travail nécessaire » est moins important (couteux) et le «surtravail-non payé» plus abondant (profitable). S’ensuivent un chômage accru, le rétrécissement des marchés minés par la paupérisation relative des travailleurs-consommateurs, parfois rémunérés en de ça des besoins élémentaires assurant le renouvellement de leur force de travail ; ce dont les États-Unis, la Grèce, l’Espagne et l’Italie nous donnent actuellement des exemples patents (17).

    L’État impérialiste contemporain
    L’État, disait Lénine, est une machine destinée à maintenir la domination d’une classe sur une autre [Lénine. L’État et la révolution. Éditions en langues étrangères, 1966]. L’État capitaliste est l’État-major de la classe dominante et il maintient la domination de la classe capitaliste sur la classe prolétarienne et sur toutes les autres classes et fractions de classes de la société bourgeoise. C’est la raison pour laquelle nous conseillons de ne pas se gaspiller à tenter d’en prendre le contrôle et la gestion par les élections mais de le détruire de fond en comble afin de créer sur ces ruines un nouvel État populaire-ouvrier…mais certainement pas populiste-fasciste [R. Bibeau. Beppe Grillo. Triste clown désolant. Que du vent inquiétant ! 6.03.2013 http://les7duquebec.org/7-au-front/beppe-grillo-triste-clown-desolant-que-du-vent-inquietant/].

    L’État bourgeois dans sa mission de gouvernance et de support à l’exploitation ouvrière et populaire en faveur de ses maîtres capitalistes monopolistes intervient de multiples façons dans le déploiement des sociétés modernes soit :
    1)  sur le plan juridique, par un écheveau de lois, de décrets et de règlements visant à judiciariser les révoltes populaires (étudiantes, ouvrières, chômeurs, autochtones, etc.) et à réguler l’exploitation fondée sur la propriété privée des moyens de production et de commercialisation;
    2)  sur le plan policier et militaire répressif, l’État bourgeois détient le monopole de la violence légale pour réprimer les résistances populaires et les insurrections ouvrières, et pour défendre les intérêts des expropriateurs, des investisseurs et des exportateurs nationaux sur la scène internationale;
    3) sur le plan économique et politique, par l’attribution de contrats alléchants pour le développement des infrastructures de production, par des aides multiples aux entreprises en capital de risque et en subsides, et pour le maintien des infrastructures de transports et d’énergie ainsi que des superstructures d’entretien des employés et des ouvriers à exploiter (éducation, santé, culture et sports, etc.);
    4) sur le plan commercial et financier, par le développement du commerce et le support à l’exportation des marchandises ouvrées et des matières premières brutes, ainsi que le soutien à l’investissement des capitaux asservissants (IDE, ou investissement direct de et à l’étranger) dans les pays dépendants ou chez les concurrents de la bourgeoisie nationale prédatrice, parfois nationalistes et toujours électoralistes.

    Afin d’accomplir toutes ces missions pour le bénéfice des capitalistes nationaux et internationaux, l’État bourgeois collecte taxes, impôts, droits d’assises et autres redevances et il emprunte lourdement et de façon inconsidérée sur les marchés boursiers, puis s’enfonce sous le poids de ses dettes souveraines, réduisant d’autant la consommation et la circulation du capital national, ce qui tarit ses sources de revenu (taxes à la consommation et impôts sur la production). La spirale infernale de la dépression impérialiste trouve ici son apogée.

    La contradiction fondamentale du système d’économie politique impérialiste
    Pourtant, pour les capitalistes financiers, il est impératif de toujours maintenir une intense activité de production car c’est l’expropriation privée du « surtravail-non-payé » qui fournit la plus-value source de tous les profits et gage de leur survie.

    Plus la crise du système global s’approfondit et davantage la classe des capitalistes monopolistes financiers désespère de sauvegarder ses monopoles, ses cartels, ses oligopoles et d’absorber ou de détruire ses concurrents nationaux et étrangers tout en surexploitant les manants localement et à l’étranger.

    Chaque nouvelle tentative de résoudre la contradiction principale entre les forces productives collectives, de plus en plus « socialisées », et les rapports de production (la propriété privée des moyens de production et d’échange) aboutit à un nouvel échec puisque les rapports de production sociaux – capitalistes, privés, anarchiques et chaotiques – et la quête de plus-value et de profits maximum entraînent les crises de surproduction de capital productif et improductif et de marchandises, lesquelles crises entravent inexorablement le développement des forces productives matérielles et collectives, fondement de la reproduction étendue du système.

    La loi de correspondance nécessaire entre les rapports de production sociaux et la nature et le  caractère des forces productives est ainsi transgressée. Un système social qui vogue ainsi de Charybde en Scylla et ne parvient plus à se reproduire est voué à une mort assurée. La question subsidiaire se résume à sa longévité… Combien de temps le laisserons-nous agoniser ?

    On pourrait ainsi résumer la contradiction fondamentale inhérente au système impérialiste : la production de biens et de services – de marchandises – revêt un caractère social – collectif – qui exige une méticuleuse planification de la production et de l’échange ; alors que la propriété des moyens de production et du capital demeure privée – anarchique, chaotique, ce qui entraîne un développement inégale, imbriquée et par bonds saccadés – ce qui est incompatible avec le caractère social planifié du procès de production social.
    Cette contradiction va s’aggravant à mesure que les forces productives sociales se développent. Cette contradiction se manifeste par une anarchie accrue de la production impérialiste, le gaspillage des ressources et des marchandises, la destruction des forces productives et du capital sous toutes ses formes et par l’accentuation des antagonismes de classes entre le prolétariat et les masses laborieuses d’une part et les différentes fractions de la bourgeoisie, particulièrement la clique des capitalistes monopolistes financiers d’autre part (18).

    Les protagonistes sous l’impérialisme contemporain
    L’histoire de l’humanité, depuis l’Empire du Milieu (Chine 202 av. J.-C.) en passant par l’Empire romain, l’Empire de Charles Le Quint, l’Empire de Saladin et jusqu’aux Empires napoléonien, victorien et américain contemporain, n’est pas l’histoire des héros assassins, des chevaliers d’industries, des requins de la finance, des présidents trônant dans le Bureau Ovale, à l’Élysée, au 10 Downing Street ou au 24 rue Sussex, ni de leurs thuriféraires obséquieux, mais bien l’histoire des peuples, des classes besogneuses – travailleuses, l’histoire de la lutte des classes antagonistes.

    L’ensemble du processus de putréfaction impérialiste est totalement indépendant de la volonté des capitalistes pris individuellement ou collectivement. La question n’est absolument pas de départager les capitalistes monopolistes corrompus, ou méchants et incompétents de ceux qui seraient complaisants. Un capitaliste qui ne s’astreindrait pas aux lois d’airain de la lutte des classes et de la confiscation de la plus-value et du surtravail non-payé; qui transgresserait la Loi de l’accumulation vorace du profit maximum et du capital à reproduire, serait balayé ou absorbé par ses concurrents amis et ennemis tout à la fois. Seule la classe ouvrière, de par sa position objective dans le procès de production sociale de l’existence collective a la capacité et l’intérêt  de renverser radicalement le système impérialiste complètement.

    Prolétaires et capitalistes monopolistes financiers sont les protagonistes antagonistes de cette contradiction fondamentale entre, d’une part, le travail salarié, socialisé, des millions d’ouvriers demandant à développer les forces productives sociales pour satisfaire les besoins nécessaires du peuple – et, d’autre part, la classe capitaliste monopoliste, majordome de l’État bourgeois et propriétaire privée des moyens de production et de commercialisation, contrainte d’extorquer la plus-value pour empocher les profits afin d’assurer l’accumulation puis l’investissement pour un nouveau cycle de reproduction élargie du capital et des profits. Or ce cycle de reproduction étendue se brise sur les récifs de ses propres contradictions insolubles. Ce système a fait son temps; le temps présent est pour le changement radical.

    De la fin du système impérialiste
    Quand un système d’économie politique ne peut assurer sa propre reproduction élargie, il est secoué par des convulsions à répétition qui appellent non pas sa conversion, sa remédiation ou sa transformation mais bien sa destruction, son renversement total et son remplacement intégral par un nouveau système d’économie politique qui respecte la Loi de correspondance nécessaire entre les caractères des rapports de production et la nature et les traits et le développement des forces productives.

    Par deux fois le système d’économie politique impérialiste mondial a trébuché et par deux fois il est venu bien près de s’effondrer. Par deux fois (1914-1918 et 1939-1945) l’impérialisme s’est relevé et aujourd’hui de différentes manières il étend sa domination hégémonique sur la planète toute entière.

    Un troisième rendez-vous mondial se prépare entre la classe ouvrière et son ennemi implacable. Si le prolétariat ne sait pas acquérir une conscience révolutionnaire de classe en soi et pour soi, s’il ne sait pas s’unir et s’organiser en parti de classe dirigé par une théorie d’avant-garde, alors cette guerre, éventuellement nucléaire (qui sait ?), verra l’hydre impérialiste détruire une partie de l’humanité puis renaître de ses cendres, plus loqueteux qu’auparavant mais toujours vivant.

    C’est la raison pour laquelle on dit du prolétariat – classe créée par le capital – qu’il est le fossoyeur du capitalisme à son stade impérialiste d’obsolescence, et aussi qu’il est l’accoucheur d’un nouveau système d’économie politique, le socialisme.

    Les précédentes tentatives d’instaurer un système d’économie politique socialiste ont soulevé une telle hystérie de la part de la grande bourgeoisie internationale qu’elle s’est appliquée à en faire disparaitre les acquis et la mémoire parmi les jeunes générations après avoir pris les armes contre les peuples soviétique, chinois, et albanais et contre tous ceux qui avaient osé la défier. Ces gouvernements socialistes ont été trahis de l’intérieur et renversés si bien qu’aujourd’hui la classe ouvrière doit assumer ses responsabilités, s’organiser en avant-garde déterminée et reprendre le chemin de la liberté pour ériger la société socialiste libre.

    Prolétaires de tous les pays unissez-vous !

    Robert Bibeau
    _____________________________________
    (1) Le capital financier représente la somme du capital constitué par des titres tels que les actions ou les titres de créances négociables (actions et obligations). Le capital financier a été aussi synthétiquement défini comme étant le pouvoir qu’exercent les groupes financiers (Banques, assurances, trust, etc.) sur les entreprises qu’ils détiennent ou qu’ils contrôlent.
    (2) La titrisation est une technique financière qui consiste à transférer à des investisseurs http://fr.wikipedia.org/wiki/Investisseur des actifs financiers tels que des créances (par exemple des factures http://fr.wikipedia.org/wiki/Facture_(comptabilit%C3%A9)  émises non soldées, ou des prêts en cours) en transformant ces créances, par le passage à travers une société ad hoc, en titres financiers émis sur le marché des capitaux http://fr.wikipedia.org/wiki/March%C3%A9_des_capitaux . Une telle titrisation s’opère en regroupant un portefeuille de créances de nature similaire (prêts immobiliers, prêts à la consommation, factures) que l’on cède alors à une structure ad hoc (société, fonds ou trust) qui en finance le prix d’achat en plaçant des titres auprès d’investisseurs. Les titres (obligations http://fr.wikipedia.org/wiki/Obligation_(finance), billets de trésorerie représentent chacun une fraction du portefeuille de créances titrisées et donnent le droit aux investisseurs de recevoir les paiements des créances (par exemple quand les factures sont payées, ou quand les prêts immobiliers versent des mensualités) sous forme d’intérêts et de remboursement de principal. Souvent, les paiements d’intérêts sont financés à même les sommes reçues des nouveaux investisseurs, on dit alors que la titrisation est sous forme de pyramide de Ponzi. http://fr.wikipedia.org/wiki/Titrisation.
    (3) «Le gonflement artificiel de l’estimation de la richesse annuelle de certains pays, dans une fourchette qui va de 2% pour l’Union Européenne à 27% pour les États-Unis, une moyenne de 10 en pays impérialiste (…) Le capitalisme freine-t-il la croissance des forces productives depuis la première Guerre mondiale? Revue Internationale. 29 janvier 2012. .  « Les trafics en tous genres, la drogue en particulier, constitue une consommation improductive. Les trafiquants de drogue auraient blanchie 1600 milliards de dollars, soit 2,7% du PIB mondial en 2009. (..) Le rapport de l’ONUDC indique que tous les bénéfices de la criminalité, à l’exclusion de l’évasion fiscale, s’élèveraient à environ 2100 milliards de dollars, ou 3,6% du PIB en 2009. Drogues Blog. http://droguesblog.wordpress.com/2011/10/27/la-presse-ca-trafic-de-drogue-chiffres-astronomiques-saisies-minimes-selon-lonu/.
    (4) «En novembre 2008, le Ministère du Budget estimait que presque 60 milliards d’euros étaient détournés grâce aux paradis fiscaux. A l’échelle mondiale, 35% des flux financiers ou 55% du commerce international transiterait par des paradis fiscaux. Ils concentreraient environ 11 000 milliards de dollars d’actifs gérés et les 2/3 des hedge funds <http://www.cafedelabourse.com/lexique/definition/hedge-fund/> seraient domiciliés dans des refuges fiscaux.». 
     (5) Oulala. 2.01.2013. Le salaire de la dette. http://www.oulala.info/2013/01/le-salaire-de-la-dette/.
    (6) Le dernier krach boursier occidental (2007) a entraîné la disparition de 500 milliards de dollars d’actifs et requis 300 milliards de dollars de recapitalisation (capitaux soutirés aux gouvernements) http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes
    (7) Alliance Bolivarienne Pour les Amériques (ALBA) http://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_bolivarienne_pour_les_Am%C3%A9riques. Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) http://www.oecd.org/fr/. Accord de libre-échange-nord-américain (ALENA) http://www.international.gc.ca/trade-agreements-accords-commerciaux/agr-acc/nafta-alena/index.aspx?lang=fra&view=d.  Fonds Monétaire International (FMI). Organisation du Commerce Mondial (OCM). Cours Pénale International (CPI). BRICS, acronyme pour identifier certains pays ayant «récemment» accéder à la phase impérialiste de développement tels le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.
    (8) La tertiarisation de l’économie capitaliste. http://www.toupie.org/Dictionnaire/Tertiaire.htm Encyclopaedia universalis. Voir l’article sur l’économie de services.
    (9) Les 1% qui dirigent l’économie. http://www.centpapiers.com/quand-la-science-decouvre-les-1-qui-dirigent-leconomie/  La répartition de la richesse dans le monde. Un pourcent de la population détient 44% de la richesse mondiale. . Les huit familles bancaires aux USA. http://www.vigile.net/Les-huit-familles-partie-1. Pour le nombre de milliardaires en Chine voir   Vincent Gouysse. (2012). 2011-2012 Reprise de la crise. http://marxisme.fr/reprise_de_la_crise.htm
    (10) Richard LEHIR. (2013).  Démondialiser, et vite! Ça urge !  http://www.vigile.net/Demondialiser-et-vite-Ca-urge
    (11) Zoltan Grossman. Les guerres américaines depuis 1890.
    (12) Le capitalisme freine-t-il la croissance des forces productives depuis la première Guerre mondiale? Revue Internationale. 29 janvier 2012. .
    (13) Robert Bibeau. (2012). La bataille de l’euro. http://les7duquebec.org/7-au-front/la-bataille-de-leuro/ Les Accords de Bretton-Woods. http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods
    (14) Pour une explication détaillée du concept de plus-value absolue et relative, le lecteur peut consulter la note 21 du texte : Mai-2008, le « printemps » dévoyé. http://les7duquebec.org/7-au-front/mai-2008-le-printemps-devoye-2e-partie/
    (15) Du printemps occidental (Mai-68) au printemps dévoyé (Mai-2008). http://les7duquebec.org/7-au-front/du-printemps-occidental-mai-68-au-printemps-devoye-mai-2008/
    (16) Nous indiquons « surproduction relative » puisque des millions d’individus meurent de faim chaque année et que des milliards d’autres survivent avec moins de deux dollars par jour; on ne peut donc parler de « surproduction absolue » de marchandises.
    (17) L’Italie meurt de faim (2012). http://www.legrandsoir.info/les-italiens-luttent-pour-survivre.html  Vincent Gouysse. (2011) 2010-2011 Le réveil du dragon s’accélère. http://marxisme.fr/le_reveil_du_dragon_accelere.htm. Vincent Gouysse (2012). http://marxisme.fr/reprise_de_la_crise.htm. Robert Bibeau (2012) La Chine puissance impérialiste triomphante. http://www.legrandsoir.info/la-chine-puissance-imperialiste-triomphante.html Robert Bibeau (2013) Inflation, dévaluation et crises monétaires.
    (18) Académie des sciences de l’URSS. Institut d’Économie. Manuel d’économie politique. 1955. http://www.marxisme.fr  et Vincent Gouysse  (2009) Crise du système impérialiste mondial.

    ANNONCE
    Dans le volume Impérialisme et question nationale (le modèle canadien) (2012) nous présentons l’évolution de la lutte des classes au Québec du soulèvement patriote (1837) jusqu’à nos jours (2012). Le volume est disponible GRATUITEMENT en téléchargement (format PDF Acrobat) à cette adresse :    http://www.robertbibeau.ca/imperialisme.pdf

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    Robert Bibeau nous apporte ici une analyse fine de l'état de la planète stupidement investie et assiégée par un capitalisme pathétique de fuite en avant et de luttes internes conformes à sa nature même.  On avait parlé autrefois des contradictions de l'économie dite "soviétique" : celles de l'économie dite "libre et non faussée", soit celle des prédateurs jouant à celui qui restera le dernier sur le dos des victimes, sont encore plus aberrantes et funestes, pour les plus faibles en premier bien entendu (Robert Bibeau est québécois).

     

     

    LE DÉCLIN DE L’IMPÉRIALISME CONTEMPORAIN (1ère partie)

     

    </header> ROBERT BIBEAU

    Nous entreprenons aujourd’hui la publication de trois articles présentant les principes de base de l’économie politique, ses caractéristiques contemporaines, et son processus de déclin qui s’accélère depuis l’approfondissement de la crise systémique en 2008. À la fin de cette série vous aurez, nous l’espérons, accru votre compréhension de l’économie et de la politique moderne.

    Les États-Unis d’Amérique sont-ils un pays impérialiste ? Oui, évidemment ! C’est que notamment, les Yankees entretiennent 770 bases militaires chez-eux et dans les pays étrangers. De plus, ils ont agressé et occupé de nombreux pays depuis 1890 (plus de cent invasions). La France et la Chine sont-elles impérialistes ?!…  Le Canada est-il un pays impérialiste ? Le Canada n’a pas de bases militaires à l’étranger mais le Canada soutien des multinationales sanguinaires qui exploitent des ouvriers dans les mines de l’Afrique mortifiée ! La Grèce est-elle un pays impérialiste ? Évidemment non voyons ! La petite Grèce (10 millions d’habitants), sans base militaire à l’étranger est tellement dépenaillée. La population hellénique mendie aux portes des soupes populaires et fréquente les friperies dégarnies.

    Et bien si, ces cinq pays sont des pays impérialistes. C’est-à-dire que ces cinq États, comme tant d’autres dans le monde, sont des pays où sévit le système capitaliste de production et d’échange de marchandises et l’économie de ces cinq pays est parfaitement intégrée à l’économie « mondialisée-globalisée-néo-libéralisée », pour utiliser des termes à la mode.

    L’impérialisme c’est le système capitaliste développé à son ultime limite – au moment où ce système global s’essouffle et tangue sur ses bases – n’assurant plus le développement des forces productives et se trainant d’une crise à une autre, inexorablement. L’économie impérialiste se développe de façon inégale – imbriquée – et par bonds saccadés. L’impérialisme provoque une division internationale du travail ou les États-Unis,  la Chine, la France, le Canada et la Grèce ont chacun leur secteur de développement prioritaire et leur rôle à jouer.

    La question cruciale pour savoir si un pays quelconque est partie prenante du camp impérialiste en tant que grand spoliateur, en tant que petit profiteur, ou en tant que néo-colonie – il n’existe que trois catégories parfaitement imbriquées –  consiste à se demander si le capital (je n’ai pas écrit l’argent, mais bien le CAPITAL) d’un pays est ou non amalgamé au capital mondial via les banques nationales (nationale dans le sens où chacune de ces banques obtient sa charte d’un gouvernement national). Autre question, les entreprises industrielles monopolistes et le marché national sont-ils enchevêtrés au système d’économie politique mondiale hégémonique ?
    Ensuite se pose la question du rôle spécifique de cette économie nationale (grecque par exemple) dans l’ensemble international qui se développe de façon inégale – imbriquée – et par bonds successifs nous le répétons. Le CAPITAL ce n’est pas de la monnaie – de l’argent – le capital est un rapport social de production. Le capital c’est de l’argent investit-transformé en moyens de production pouvant générer de la plus-value et du profit. Le capital impérialiste est ce rapport social de production qui permet aux capitalistes du monde entier – quelle que soit sa «nationalité» de confisquer le travail non payé des ouvriers grecs, américains, chinois, canadiens, français et autres, dépendamment du pays où ces capitalistes ont investi leurs capitaux.

    Prenons l’exemple du capital des milliardaires grecs qui brassent des affaires « mondiales-globalisées-néolibérales » dans trois secteurs économiques particuliers, soit la construction navale, le transport maritime et le tourisme de masse. C’est par ces trois canaux économiques prédominants qu’ils s’amalgament au capital impérialiste international. Évidemment, le gouvernement grec en tant que partie constituante, instrument et état-major de la classe capitaliste monopoliste grec-internationalisée, participe aussi aux complots militaires des grandes puissances impérialistes, telles que les États-Unis et la France, via sa participation enthousiaste à l’OTAN.

    Dernièrement la petite Grèce au bord du gouffre financier achetait de l’armement à la France et à l’Allemagne avec de l’argent emprunté aux banques grecs qui elle-même l’avaient emprunté aux banques allemandes et dont la facture a été refilé aux gouvernements grecs qui la fera payé par les travailleurs grecs sous régime d’austérité (les ouvriers contribuent pour 80% des revenus de l’État grec) .  Puis, ce gouvernement à la solde expédiait trois officiers du renseignement sur le front de la révolte des « terroristes et des nationalistes Touaregs » au fond du Mali africain – « Ah le bon temps des colonies ! Ses képis et ces négresses que le soldat blanc ou noir violaient à l’avenant ; et cet arabe ou ce Touareg que le soldat du BIMA carbonisait   vivant avec ses enfants au fond de sa tanière – au fond de son repère de brigand. Ça fleure bon la civilisation par ici s’écrie le soldat du BIMA français ! Vive l’empereur Hollande Premier, redresseur de torts de la Françafrique ! » –. Le gouvernement de la Grèce a livré par ses trois officiers sa rançon de soumission à son suzerain parisien. Chaque pays impérialiste participe à la hauteur de ses moyens. Le gouvernement du Canada, ce vaurien, fournit un avion de transport des troupes néocoloniales vers le Mali lointain.

    Revenons à l’impérialisme stade suprême du capitalisme. Depuis l’accentuation de la crise structurelle en 2008, les trois secteurs prioritaires de l’économie grecque ont été les premiers à s’effondrer – et à se restructurer (absorbé par des concurrents plus puissants ou éliminés par des concurrents plus gourmands). Ainsi, les impérialistes coréens et chinois détruisent ou absorbent l’industrie navale grecque comme celle de tous les pays œuvrant dans ce secteur industriel où ils prédominent. La division internationale du travail – impérialiste – fait son œuvre imperceptiblement. L’impérialisme mafieux russe a pris une option sur l’hôtellerie touristique hellénique, tout comme la Belgique, et ainsi de suite.
    Les milliardaires grecs sont toujours aussi milliardaires qu’avant mais leur capital s’imbrique peu à peu au capital impérialiste coréen, chinois, russe, belge, indien (BRICS) et toujours allemand évidemment. Les banquiers français, quant à eux, courent toujours après le remboursement de leurs prêts asservissants. Ceux-là jouent le rôle des « tondeurs de coupons parasitaires » comme on les appelait auparavant, avant la numérisation informatique et télématique des transactions bancaires et boursières.

    Enfin, la classe capitaliste monopoliste grecque a aussi planquée une partie de ses deniers en Suisse transformant ses euros mal acquis en Francs helvétiques garantis… plus rentable. Sous peu vous apprendrez que les grecques riches – çà existe (!) – ont transformé leur pécule monétaire en étalon or comme la plupart des milliardaires de vos pays saccagés. Au diable le dollar et l’Euro, tout juste bon pour les peuples soumis aux politiques d’austéritées visant à renflouer les monnaies avant la grande dévaluation…

    La raison d’être du système capitaliste


    La finalité de la production sociale des biens et des services nécessaires à l’existence humaine – de la production des marchandises  – n’est pas de satisfaire les besoins de la population, ou de fabriquer des consommateurs aliénés – solvables et non solvables – accrédités ou endettés par les soins des banquiers. Le «dessein» de cette infrastructure économique de production matérielle, industrielle, technologique et scientifique et de cette superstructure sociologique, juridique, militaire, idéologique et politique complexe n’est même pas de rémunérer le capital selon les «risques» encourus, non plus que de rétribuer le travail à sa « juste valeur ».

    Mais alors, quelle est donc la raison d’être de ce système d’économie politique, quelle est la force mystérieuse qui pousse en avant la charrette du capitalisme obsolescent ? Cette force qui pousse en avant le système capitaliste est toujours la même depuis l’époque où Marx observait les Chevaliers d’industries capitaliser l’Angleterre et exploiter ses colonies. L’objectif du système d’économie-politique capitaliste est de se reproduire pour assurer sa pérennité.

    La finalité de tout système d’économie politique, que ce soit l’esclavagisme romain, le féodalisme tsariste ou le capitalisme britannique, a toujours été de se perpétuer, de se reproduire à plus large échelle – cumulative – hégémonique, tentant de détruire toute trace d’un système d’économie politique passé ou en devenir. Ainsi, le capitalisme requiert le développement social des forces productives collectives mais les capitalistes s’opposent farouchement à l’émergence d’une société collectiviste préférant la propriété privée pléthorique et catastrophique.

    De nos jours, la succession des crises économiques, industrielles, financières, boursières et monétaires n’est que le symptôme de l’incapacité du système d’économie politique d’assurer sa reproduction étendue, conséquence de ses contradictions internes qui l’entrainent a contrario de sa finalité ultime et entravent le mouvement de son développement croissant. Nous allons en faire la démonstration.
    Du capitalisme à l’impérialisme

    Au début du capitalisme industriel – pendant sa phase concurrentielle – la propriété privée des moyens de production et de commercialisation a induit l’accumulation primitive du capital qui a permis d’acheter la force de travail des ouvriers et des ouvrières à vil prix, d’en spolier le «surtravail», d’en accaparer la «plus-value» – unique source de bénéfices, de profits commerciaux, de rentes foncières et de bénéfices spéculatifs – d’assurer l’investissement du capital et le développement de la production industrielle marchande qui propulsait chaque nouveau cycle de circulation du capital (Capital argent –» Capital production –» Capital marchand –» Capital argent) et sa reproduction étendue.
    Le stade ultime – impérialiste – de ce développement capitaliste se particularise par le mélange de huit (8) caractéristiques que voici :

    1) La concentration des moyens de production et de commercialisation des biens et des services et du capital productif parvenue à un degré si élevé qu’elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique générale de la société.

    2) L’interpénétration du capital bancaire (capital argent – épargne – rentes et bénéfices commerciaux) et du capital industriel (moyens de production, actions et obligations) et création, sur la base de ce capital financier gigantesque, d’une oligarchie financière hégémonique (1).

    Ce « capital financier », en partie parasitaire, permet la titrisation inflationniste de tous les types d’actifs financier et cela en dehors des circuits industriels productifs sans qu’aucune valeur d’usage ni aucune valeur marchande équivalente ne soit produite ou commercialisée (2). Ce «capital financier», devenu en partie fausse monnaie inflationniste illégitime, concurrence puis phagocyte le capital «industriel productif» en offrant des rendements spéculatifs alléchants qui drainent l’épargne, les rentes et les bénéfices vers les placements boursiers illicites (3), sans compter le transfert d’une quantité importante de ces capitaux vers des paradis fiscaux hors la loi où ils fusionnent avec l’argent sale – mafieux (4).

    S’ensuit une succession de crises financières, boursières, monétaires entraînant la disparition d’avoirs fictifs superfétatoires, provoquant crises de surproduction, dépression économique, chômage endémique et marasme de l’économie impérialiste (5).

    3) L’exportation de capitaux en concomitance avec l’expansion des exportations et des importations de marchandises et ceci prend une importance toute particulière sous l’impérialisme. Le développement impérialiste accentue l’exportation massive du «capital financier» qui asservit l’économie (les moyens de productions et les forces productives) des pays dépendants (néo-colonies). Qui plus est, très souvent ces «investissements» ne correspondent nullement au développement de nouveaux moyens de production ou à l’utilisation de nouvelles forces productives dans les pays dominés, parfois même il n’y a aucun transfert de biens ou de services de ou vers ces pays néo-colonisés «bénéficiaires» de ces investissements asservissants.

    Qu’y a-t-il d’étonnant à constater que depuis 1960 deux mille milliards de dollars, au titre de «l’aide au développement» ont été internationalement dilapidés et se sont soldés par davantage de pauvreté dans les pays néo-colonisés (6) ? Ces soi-disant investissements se réduisent souvent à une opération comptable (aux livres) où le pays débiteur se retrouve surendetté pour ne pas avoir remboursé un emprunt précédent. S’ensuit un déséquilibre important de la balance des paiements nationaux de ces pays néo-colonisés et dépendants et la mise en péril de leur monnaie nationale.  À titre d’exemple une quinzaine de pays de la France-Afrique sont toujours soumis à la structure monétaire, bancaire et financière du Franc CFA dont la gestion et les réserves monétaires sont déposées à la Banque de France à Paris et dont la parité est artificiellement maintenue avec l’Euro une monnaie déjà assujettie aux aléas économiques de 17 États européens sur le déclin. Les pays africains dépendants n’ont tout simplement aucun contrôle sur leur monnaie soi-disant nationale.

    Les moyens de production et les «produits de base» que ces pays débiteurs fournissent sont de faible valeur marchande sur les marchés extérieurs alors que les produits ouvrés que lui vendent les pays créanciers sont hors de prix pour ces pays asservis. L’endettement de ces États souverains vis-à-vis du capital international se poursuit jusqu’à la déliquescence de l’appareil gouvernemental néocolonial où l’armée, forgée de flibustiers et de criminels militarisés que l’on a affublé du monopole de la violence gouvernementale-légale (dont les officiers ont été formé dans la métropole) demeure souvent la seule structure fonctionnelle sous contrôle de la métropole néo-colonisatrice.

    L’effondrement de ces gouvernements aliénés, surendettés et spoliés, entraîne parfois leurs créanciers dans la faillite ; ainsi va la vie sous l’impérialisme. Sous des couverts intégristes-extrémistes en trompe-l’œil, la décrépitude de plusieurs gouvernements d’Afrique et d’Extrême-Orient est le résultat de cette structure de domination économique, financière et militaire internationale et de la misère qu’elle engendre partout en Afrique et en Orient.

    4) Le développement inégal et par bonds des monopoles, des oligopoles, des multinationales et des États capitalistes, ainsi que des régions sous domination des oligarchies financières internationales, amène la formation d’alliances internationales monopolistiques de groupes capitalistes se partageant le monde, ainsi que la création d’organisations internationales de gouvernance et de régulation économique, financière, politique, juridique et militaire à l’échelle continentale (Union européenne, Alliance de Shanghai, L’ALBA, L’ALENA, Communauté Euro-asiatique, etc.) et à l’échelle mondiale (OTAN, OCDE, OCM, Banque Mondiale, FMI, CPI, ONU) (7).

    La doxa économique moderne identifiant des pays dits «non-alignés» ainsi que d’autres catégories de pays capitalistes selon quelques singularités statistiques économiques conjoncturelles n’est que conjecture spécieuse. Le développement capitaliste s’est toujours réalisé par bonds et de façon inégale d’un pays à un autre et d’une région à une autre à l’intérieur même de chaque pays souverain. Pendant que de nouvelles puissances impérialistes apparaissent, d’autres amorcent leur déclin sous les coups de boutoirs des premiers et l’exploitation impérialiste mondiale se poursuit jusqu’au jour où la classe ouvrière y mettra fin.

    5) Le triomphe de l’impérialisme contemporain marque la fin du partage territorial du globe en zones d’exploitation, de spoliation, de contrôle et en sphères de dépendance entre les  grandes puissances impérialistes et leurs alliés. Le partage des terres à exploiter, des pays à spolier, des peuples à surexploiter ayant été complété, il ne peut en résulter qu’une succession de guerres larvées pour le repartage suivant les aléas du développement inégal et par bonds entre les différentes puissances impérialistes déclinantes et celles «émergentes», très gourmandes.

    Les multiples guerres impérialistes locales et régionales, sous prétexte hier de confondre les guérillas communistes dans les pays dominés et aujourd’hui d’éradiqués les activités dites «terroristes» de mercenaires et de flibustiers engagés, payés, armés et entraînées par les puissances impérialistes sont des expressions de ces combats pour le repartage des zones d’exploitation, d’oppression, de spoliation des ressources et de la plus-value dans le tiers-monde.


    6) L’impérialisme se caractérise aussi par une hypertrophie des activités de service et par la tertiarisation de l’activité économique générale. Une part très importante de la force de travail est désormais occupée à offrir des services en tout genre (services tertiaires de restauration et d’hôtellerie par exemple et services quaternaires de gouvernance et de recherche-développement par exemple) alors que la portion congrue des forces productives reste attachée à la production de moyens de production (production de machines, d’outils, d’appareils, de systèmes de transports, de robots, de matière première et de produits de première transformation, d’énergie) et de biens de consommation courants.

    Dans la plupart des pays impérialistes plus des trois quarts des travailleurs œuvrent dans le secteur des services tertiaires et quaternaires (restauration, hôtellerie, commerce de détail, arts et spectacles, éducation, soins de santé, banque et finance, services-conseil, services gouvernementaux, etc.). Tous ces travailleurs se partagent une part ou une autre de la plus-value produite par les ouvriers des secteurs primaires (mines, agriculture, forêts et pêcheries) et secondaires (construction, transport, industrie lourde et légère) (8).

    Tout ceci démontre la très haute productivité des travailleurs et l’intensité infernale du travail dans les secteurs primaire et secondaire dans les pays impérialistes alors que les taux d’exploitation de la classe ouvrière et d’extraction de la plus-value de la force de travail ont atteint des sommets inégalés dans toute l’histoire de l’humanité. Les chantres des parcours de productivité pour accroître la compétitivité n’ont plus qu’à se rhabiller la classe ouvrière a déjà trop donné pour sauver leur système dépenaillé.

    Par ailleurs, au même instant, l’armée de réserve des inactifs – désœuvrée et paupérisée – des travailleurs (chômeurs à temps plein ou partiel ; désœuvrés à plein temps ou temporairement ; assistés sociaux et pauvres retirés de la recherche active d’un emploi, etc.) n’a jamais été aussi imposante en nombre et en proportion que pendant cette crise économique systémique de surproduction.

    En corollaire les activités primaires agricole, sylvicole et piscicole et de pêche hauturière sont, dans ces pays impérialistes avancés, devenues des activités très fortement mécanisées, avec usage massif d’une panoplie de produits chimiques industriels polluants (engrais, fongicides, insecticides, herbicides, OGM, etc.) atteignant des taux de rendement par unité de surface, des taux de productivité et d’exploitation de la terre-mère et de la force de travail salarié jamais égalés dans l’histoire de l’humanité (moins de 5% de la main d’œuvre active produit les matières premières forestières, minières, hauturières et agraires nécessaires à l’ensemble de l’économie).

    Dans ces pays impérialistes avancés il ne reste plus aucune trace de la classe paysanne et des rapports sociaux féodaux. Dans quelques pays impérialistes ascendants – en cours de monopolisation-développement – les reliquats des rapports sociaux féodaux sont rapidement broyés en même temps que la classe paysanne est paupérisée – prolétarisée et chassée des campagnes vers les taudis urbains où elle s’agglutine dans l’attente d’un emploi aléatoire et misérable.

    LA SEMAINE PROCHAINE : L’IMPÉRIALISME  ET LA GUERRE

    (l'auteur a écrit cet article sous la licence Creative Commons (CC BY-SA 2.0 FR) via Oulala.info )

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  • C'est bien parti.....



    Et on continue ! Malheureusement....

    Les adorateurs du Veau d'Or vont continuer à se goinfrer, compulsivement, et quoi qu'il en coûte au reste de la population.  Leurs larbins politiciens continueront à les servir avec zèle, juste pour continuer à goûter à un Pouvoir apparent.

    Pendant ce temps-là, d'autres sont dans l'effort collectif, joyeux, fort mal vu par les gens de Pouvoir qui en craignent l'impact.


     La marche de Nice à Notre-Dame des Landes, le départ - désormais ils approchent de Montpellier

    Comme le rappelait Longfellow (1807-1882), "Sail on, ye mariners, the night is gone !"
    La vie continue....

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