• Jérôme Kerviel, ancien trader, a donc été appréhendé à minuit, à Menton. Revenu de Rome à pied, il n'a pas opposé de résistance, et doit s'attendre à purger la peine décidée par le tribunal.

    Ne doit-on pas s'interroger, en pleine offensive des banques, et de leurs larbins les politiciens, à propos de ce procès ? Certes, emporté par l'engrenage, il a fauté. Mais de redoutables questions restent posées.

    Aussi longtemps qu'il gagnait, malgré des irrégularités qui n'ont pas pu ne pas être décelées, la banque qui l'employait a couvert ces irrégularités. Pourquoi ?

    A un moment, les opérations qu'il a initiées n'ont pas aussi bien fonctionné, ce qui est fatal dans ce genre de travail. Or les affaires de la banque, indépendamment de lui, n'étaient plus aussi florissantes non plus : n'était-ce pas un bon moyen de détourner l'attention sur un lampiste, en soudain faisant mine de découvrir ses agissements, et en les soldant au débotté, à perte, "'sans réfléchir" ? Dans ce genre d'opération, il y a toujours des hauts et des bas.

    Chic, l'État a bien dédommagé la banque, dont il s'agit pourtant aujourd'hui de son boulot, de prendre des risques. Ce sont nos impôts, au lieu de faire œuvre utile, qui ont "récompensé" la banque en faute.

    Cette banque est-elle si transparente ?Est-elle plus puissante que l'État ? Elle a décidé qu'il n'y aurait pas d'enquête approfondie dans ses comptes, et il n'y en a pas eu. Qu'a-t-elle fait ? N'a-t-elle pas enfreint lois et réglements par des manœuvres douteuses ? Quelles furent exactement les pertes, s'il y en eut, et d'où provenaient-elles exactement ?

    Jérôme Kerviel, ne le cachons pas, exerçait un métier certes à risques, par définition, mais surtout un métier intrinsèquement malhonnête. Quand il faisait gagner de l'argent à son patron, cet argent provenait nécessairement de pertes chez d'autres personnes, physiques ou morales.  Quand un forgeron prend un  morceau de fer, et en fait quelque chose, un cadre de vélo réparé, ou une œuvre d'art en fer forgé, il crée de la valeur. Un financier se contente de déplacer de la valeur, de préférence de la poche des travailleurs-créateurs, à celle de simples parasites, banquiers, assureurs, spéculateurs, commentateurs, agents de propagande.

    C'est pourquoi je déplore pour Kerviel qu'à un moment de sa vie, il ait gaspillé son intelligence à des occupations aussi futiles et dangereuses pour l'ensemble de ses compatriotes. Manifestement, il l'a maintenant pleinement compris. Ses ex-patrons, non. Eux restent des agents du $¥$T€M€, pleinement et sans remords. Ce sont eux, par conséquent, de ce fait même, qui devraient être condamnés, eux et tous ceux de leur espèce. Voler par le biais de la finance les travailleurs devrait être considéré comme un crime. Il est symptomatique qu'il n'en soit rien, comme si les législateurs et les robins étaient complices de cette lacune.

    Voilà. Il va falloir soutenir Jérôme Kerviel, qui se brûla les ailes dans un ensemble très vaste, sorte de caverne des Nibelungen pleine de bruits et de fureurs. Il va falloir œuvrer tous pour qu'un tel Système disparaisse : il s'agit d'une escroquerie à l'échelle planétaire, où des personnages ivres de Pouvoir se vautrent aux dépens des vrais humains.

    Une façon de poser quelques pierres d'une nouvelle donne pourra consister en un boycott massif d'un scrutin chargé seulement de sanctifier la forfaiture du 4 février 2008, et tout ce qui a suivi. Cela sera un soutien à l'action de Kerviel désormais, de même que le fait de s'efforcer de trouver sa subsistance dans les marchés locaux, et non dans les grandes surfaces ; de limiter ses déplacements non professionnels en voiture ou en avion ; de réparer quand on le peut, au lieu de jeter. Ces petites choses minuscules, si ce sont des millions qui les mettent en œuvrent, pèseront lourd.

    bab

    9 commentaires
  •  On va dire : ce qui se passe à Lampedusa est révoltant. La prison à l'envers s'est déployée, pendant que l'Afrique, l'Asie sont en coupe réglée par les mêmes qui ont fermé leurs frontières.

    Dirait-on qu'il s'agit là d'humains sacrifiant d'autres humains ? Il est à craindre que ce soit plus complexe que cela. Il y a là des robots programmés par une logique où l'humain n'a pas sa place, comme dans une usine où des robots fabriqueraient d'autres robots - ce qui est déjà presque vrai dans la réalité. Ces robots que le hasard, ou peut-être pas lui après tout, a réunis à Bruxelles au nord de la Vieille Ville, ne connaissent que la logique financière, celle du Premier Robot qui l'a appliquée à la lettre. Voilà l'évidence.

    Malheureusement cette évidence pourrait en cacher une autre : sous des dehors affables, ou plus musclés, combien de "nos semblables" accompagnent cette logique, en prônant l'air dégagé une "préférence nationale", en chuchotant "Ces gens-là.... (mettez ce que vous voulez) y sont pas com'nous", en fustigeant des chômeurs parasites ou des Roms voleurs de poules...... Oui, c'est ainsi que Les Robots sont confortés dans leur croisade libérale (tu parles) visant à mettre en prison ou à expulser presque tout le monde. Prenez une entreprise bien proprette, innovante, qui a besoin d'argent, ce qui est naturel. Faites mine de lui donner ces fonds, qui par la difficulté de les rembourser AVEC INTÉRÊTS vont vous revenir sous la forme d'une entité désormais exsangue. Reprenez-la pour une bouchée de pain, recueillez le savoir-faire, exportez l'usine là on d'autres crèvent de faim, mettez sur le tapis tous ceux qui avaient contribué à créer ce savoir-faire, et recommencez plus loin. C'est ainsi que fonctionnent "les libéraux". Cerise sur le gâteau, les biens ainsi faits ailleurs vont revenir, au même prix ou presque, mais sans le savoir-faire, sans ce PLUS qu'avaient apporté les anciens créateurs. Ceux-ci devront payez pour utiliser de pâles copies de ce qu'ils fabriquaient. Les auteurs de ces crimes, eux, sont intouchables, malgré des procès parfois retentissants et à épisodes multiples (pas de noms !) : ils auront un passeport français, ou étranger, peu importe.

    Lampedusa n'est que la façade visible et écœurante de ce qui se fait partout dans le monde sous différentes formes. Les Robots tuent les Humains, par petites touches, deux ici, trente plus loin, un million quand une guerre aura pu se déclencher avec la bénédiction des fabricants d'armes. Surprise : ce sont encore les mêmes ! Petit à petit, les Robots grignotent les Humains.

    Mais cette fois, ils ont gagné : il ne s'agit plus d'Humains noyés devant la Forteresse de la Honte, mais de la totalité des Humains. A Fukushima se crée petit à petit une arme insidieuse, qui nous aura tous. Il s'agit seulement de l'empoisonnement de l'eau de la Planète. Pas grand-chose, quoi. Détail amusant, c'est désormais inéluctable, car aussi bien les Robots que les Humains n'y peuvent plus rien. L'eau passera, encore et toujours : et avec elle, le poison, qui a aussi envahi les poussières de l'atmosphère.

    Hiroshima, Lampedusa, Fukushima. Sur cette planète-ci, les Robots ont gagné, et mourront avec les Humains qu'ils ont voulu pressurer. Heureusement, comme disait Giorgio de Santillana, "Il pense, dans l'Univers". Une autre Terre, quelque part, beaucoup d'autres Terres, ont déjà pris la relève.

    10 commentaires
  •  AFP le 16-02-2013 à 21h21

    JERUSALEM (AFP) - Un vice-Premier ministre israélien a assuré samedi que l'Etat hébreu n'emprisonnait pas des suspects dans le secret, dans un premier commentaire officiel sur la mort d'un Israélo-Australien incarcéré en Israël.
    "Nous ne sommes pas un pays qui agit dans la pénombre", a assuré Moshé Yaalon, vice-Premier ministre, à la télévision samedi soir.

    La dépêche complète est visible ici.


    Les accusations ne manquent pourtant pas. Un exemple au hasard, très récent.  Sans compter la bande de Gaza, prison à ciel "ouvert" d'où ne peuvent s'échapper que les oiseaux. Pourquoi faut-il toujours ce double langage ?

    Il ne s'agit aucunement de fustiger ici, comme des manipulateurs voudraient le faire admettre, une religion, ou ceux qui la pratiquent, ou ceux qui ont eu des ascendants la pratiquant. Il s'agit, alors que la propagande de nos médias fait tout pour le cacher pour des raisons probablement politico-financières, de justement dénoncer des pratiques politiques perpétrées par quelques hommes, et qui attireraient l'opprobre sur tous leurs concitoyens par amalgame toujours manipulateur. Il s'agit de ministres, de militaires,  qui s'efforcent de cristalliser parmi des personnes de bonne volonté un esprit paranoïaque, revanchard, cruel que ces personnes n'avaient pas. Beaucoup de pays, dont le nôtre, ont cette oligarchie malfaisante qui les guide : c'est particulièrement patent ici.

    Oui, quoiqu'en dise ce vice-premier ministre, le gouvernement qui étend sa domination entre la Méditerranée et le Jourdain cultive le secret : de temps en temps le coin du voile est brièvement soulevé, mais le reste du temps, on ne sait rien. Plus grave encore, des gouvernements autres confortent cette clique dans son déni et son obstination, pour des motivations dont il semble qu'elles reviennent encore et toujours à des préoccupations financières camouflées sous des "cris du cœur" nationalistes.

    votre commentaire
  • Reuters  le 31-12-2012 à 17h15

    PARIS (Reuters) - Le PDG de Vinci a exercé en décembre des stock-options pour un montant de 1,42 million d'euros, selon un avis de l'Autorité des marchés financiers (AMF) publié lundi.
    Selon une déclaration faite au gendarme boursier le 24 décembre, Xavier Huillard a racheté le 20 décembre 40.000 actions au prix unitaire de 35,58 euros.



    Félicitations au roi des aéroports, des autoroutes, des laisse béton, de l'anti-agriculture, de l'anti-écologie, de l'antipathie peut-être. Il aura quelques picaillons pour acheter des cotillons et du Champomy pour les fêtes. Je suis persuadé que nos amis de la ZAD, que je salue, sauront porter un toast robuste à sa santé.

    Et vivent le rabeurta, l'ageasse, la grolle qui viendront lui chanter une berceuse.



    votre commentaire
  •     Mesdames, Messieurs les Députés, Mesdames, Messieurs les Sénateurs, mais aussi Monsieur le Président de la République !   

    Rappelez-vous que, compte tenu de l'enjeu de ce texte, vous n'avez pas mandat du peuple pour signer ou faire signer le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (ouf, quel jargon incompréhensible, et parfaitement fourre-tout). Rappelez-vous que votre devoir est de gérer, sur mandat du peuple, et dans l'intérêt du peuple. Vos électeurs sont ceux qui vous ont fait confiance, faute de mieux souvent quand ceux qui auraient pu être de vrais représentants du peuple étaient récusés par le système même. Combien d'ouvriers à l'Assemblée, combien de chômeurs ? Combien de femmes, aussi ? Je ne parle même pas du Sénat, émanation par définition des notables.

    Vous avez une vraie responsabilité, et celle-ci est non envers des financiers avides et leurs lobbyistes, mais envers les citoyennes et les citoyens français. Y pensez-vous ? Ne faites-vous pas passer trop souvent, beaucoup trop souvent, votre intérêt personnel et celui de personnages non élus (voir Bruxelles) avant celui de tous ceux qui, malgré tout, ont encore un peu confiance en vous ?

    Les économistes les plus éminents vous exhortent à ne pas signer. Ce n'est pas anodin. L'intérêt de notre pays et de la très grande majorité de ses habitants passe bien avant celui de milliardaires plus ou moins apatrides, qui vous pressent de faire passer cette aberration dans l'intérêt de la Finance seule.  Les traités européens ont progressivement enfoncé notre pays, et plus encore ses voisins du sud, dans une spirale mortelle : le TSCG parachèverait définitivement le travail. C'est dire combien serait grande votre responsabilité envers les citoyens, qui naturellement seraient en droit de vous demander des comptes de façon abrupte.

    Ce gouvernement n'est que le continuateur servile des précédents, malgré quelques apparences d'améliorations très ponctuelles et fort anodines.  Si, têtu, il refuse au peuple le droit de choisir ou non ce destin presque irrémédiable, il faudra que la représentation populaire lui oppose une fin de non-recevoir, clairement, et malgré les manœuvres de partis. En aurez-vous le courage et la détermination, ou vous abaisserez-vous devant les non-élus qui télécommandent depuis Bruxelles ou Francfort en toute impunité les conditions de l'avenir de tous ?

    Mesdames, Messieurs, notre sort est entre vos mains.

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique