• LA COMMUNE

    (du 18 mars au 28 mai 1871)

    Nous sommes (pas tous) les héritiers de la Commune Insurrectionnelle de Paris, cette merveille qui a obligé les autres pays du monde à regarder dans notre direction : en si peu de temps, a émergé une nouvelle façon de voir l'avenir, enfin démocratique, enfin universelle, fraternelle, donnant sa chance à tous de pouvoir vivre et non survivre. Les Communeux (c'est le nom qu'ils se donnaient entre eux) n'étaient pas communistes,  ils  étaient des citoyens parmi des citoyens, ils n'étaient pas anarchistes parce qu'ils étaient bien organisés, avec une sorte de hiérarchie inversée : les délégués étaient là pour gérer au nom du Peuple, sous sa surveillance, ils n'étaient pas les maîtres, mais les humbles serviteurs.

    Devons-nous nous étonner, si cette façon de gouverner ne pouvait plaire à l'empereur Adolf Thiers, pas plus qu'à l'empereur Guillaume de Hohenzollern ? Il y eut alliance objective pour écraser cette maladie mortelle pour eux, les Allemands se contentant de compléter le blocus à l'Est, pendant qu'à l'Ouest les Colonnes Infernales des Versaillais se repaissaient du massacre de tous, hommes, femmes, enfants, vieillards, blessés y compris certains d'entre eux soignés par les Communeux... ceux qui ne furent pas tués sur place furent envoyés à la "guillotine sèche" en Nouvelle-Calédonie ou ailleurs. Sous de pareils auspices, la Troisième République naquit dans le sang, sans doute plus encore que la Seconde initiée au temps de la Terreur (bien entendu les historiens, ou du moins la plupart, ne présentent pas les choses ainsi).

    NON, Nicolas, la commune n'est pas morte, comme le chantait Eugène Pottier (oui, celui de l'Internationale)

    On l’a tuée à coups de chassepot,
    À coups de mitrailleuse
    Et roulée avec son drapeau
    Dans la terre argileuse.
    Et la tourbe des bourreaux gras
    Se croyait la plus forte.

    Refrain
    Tout ça n’empêche pas Nicolas
    Qu’ la Commune n’est pas morte.
    Tout ça n’empêche pas Nicolas
    Qu’ la Commune n’est pas morte !

    Comme faucheurs rasant un pré,
    Comme on abat des pommes,
    Les Versaillais ont massacré

    Pour le moins cent mille hommes.

    Et les cent mille assassinats,
    Voyez ce que ça rapporte.


    Refrain

    Tout ça n’empêche pas Nicolas
    Qu’ la Commune n’est pas morte.
    Tout ça n’empêche pas Nicolas
    Qu’ la Commune n’est pas morte !


    On a bien fusillé Varlin,
    Flourens, Duval, Millière,
    Ferré, Rigault, Tony Moilin,
    Gavé le cimetière.
    On croyait lui couper les bras
    Et lui vider l’aorte.

    Ils ont fait acte de bandits,
    Comptant sur le silence.
    Achevez les blessés dans leur lit,
    Dans leur lit d’ambulance
    Et le sang inondant les draps
    Ruisselait sous la porte.

     

    Refrain
    Tout ça n’empêche pas Nicolas
    Qu’ la Commune n’est pas morte.
    Tout ça n’empêche pas Nicolas
    Qu’ la Commune n’est pas morte !

     

    Les journalistes policiers,

    Marchands de calomnies,
    Ont répandu sur nos charniers
    Leurs flots d’ignominie.
    Les Maxim’ Ducamp, les Dumas
    Ont vomi leur eau-forte.
    C’est la hache de Damoclès
    Qui plane sur leurs têtes.

     

    Refrain
    À l’enterrement de Vallès,
    Ils en étaient tout bêtes
    Fait est qu’on était un fier tas
    À lui servir d’escorte

    C’ qui prouve en tous cas Nicolas,
    Qu’la Commune n’est pas morte.
    C’ qui prouve en tous cas Nicolas,
    Qu’la Commune n’est pas morte !

     

    Bref tout ça prouve au combattant

    Qu’ Marianne a la peau brune,
    Du chien dans l’ ventre et qu’il est temps
    D’crier vive la Commune !
    Et ça prouve à tous les Judas
    Qu’si ça marche de la sorte

    Refrain

    Ils sentiront dans peu nom de Dieu,
    Qu’la Commune n’est pas morte.
    Ils sentiront dans peu nom de Dieu,
    Qu’la Commune n’est pas morte !

     

     

     

     


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