• La rentabilité, ils n'ont que ce mot à la bouche

    Qu'est-ce que « la rentabilité » ? C'est la possibilité pour certains de « mettre de côté » un facteur d'échange de biens au détriment de tous. C'est donc un exercice pervers de chercher la rentabilité d'abord, au détriment de la vie même.

    Je pense à un exemple extrême : celui de multinationales comme Cargill qui imposent à des Africains vivant de leurs cultures vivrières, manioc, mil et autres, de les délaisser au profit d'arachides ou autres produits « vendables ». Payés un prix dérisoire, souvent au-dessous du prix de revient réel, ces Africains n'ont que la solution d'acheter l'huile provenant de leurs plantations (sauf qu'on ne vit pas que d'huile) à un prix très supérieur à leur production initiale. Ou ils meurent de faim. Pendant ce temps-là, les liquides sont entreposés dans d'immenses cuves rappelant celles du pétrole, quitte à organiser la pénurie, et les immenses quantités ainsi stockées ne sont relâchées qu'au moment où le cours est jugé le plus favorable - donc le plus haut. Mais qu'on ne s'y trompe pas : même sur les produits de base, les banquiers, encore eux, sont les premiers spéculateurs.


    réservoirs de Cargill à Saint Nazaire - là on n'en voit que quelques-uns

    Il est clair, archi-clair, que “le capital” ne sert strictement à rien dans la création de richesse. Les capitalistes stockent, échangent et vendent du néant, et presque personne ne s’en rend compte. Le paradoxe est immense. Il est même en train de nous tuer au nom de son aberration, en tuant aussi la Terre qui est la seule dispensatrice de richesses – les humains se contentant de les extraire, de les transformer, et d’en jouir s’ils en ont le temps. N’est-ce pas une histoire de fous ?



  • Commentaires

    1
    Mardi 20 Septembre 2016 à 22:02
    C'est une honte. Le capital affame, pollue, détruit...
    2
    Mardi 20 Septembre 2016 à 22:06
    Hélas, DPP.... C'est bien pourquoi on a le droit de se poser la question : ces gens-là sont-ils humains ? Je me vois mal remplacer la salade par des billets verts, et des radis par des rouleaux de pièces... reste le steack de lingot, bien cuit alors !
    (oui, c'est bab)
    3
    Mercredi 28 Septembre 2016 à 19:50
    Le pire est que quand on explique cette pratique somme toute séculaire pour l'enrayer, il y a des voisins qui veulent vous tuer, tellement l'esclavage leur semble "confortable" !...
    Atroce !
    4
    Anonyme
    Jeudi 29 Septembre 2016 à 16:39
    Oui, le Capital est bien une histoire de fous, c'est du moins ce que Marx a démontré dès le premier livre du même nom (à lire et relire).
    @DPP :
    une honte ? non.
    Non la honte c'est d'avoir cru 5 minutes que le Capital n'en était pas une.
    5
    Dimanche 2 Octobre 2016 à 11:23
    Bien dit Rodo. De tout temps, des esclaves (pas tous) se complaisaient dans leur paisible servitude, même si ses conditions n'étaient pas forcément faciles.

    L'esclavage actuel, plus subtil, continue cet asservissement accepté, bien que certainement pire sur certains côtés qu'autrefois.
    6
    Dimanche 2 Octobre 2016 à 11:24
    Histoire de fous ? Ceux qui en assument les rênes, à coup sûr. Le résultat en est une aberration mortelle.
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