• Les Palestiniens la nomment ainsi, la Nakba.



    Le 15 mai 1948 marque le basculement. Avant cette date, des hordes de terroristes nommées Hagana, Irgoun, Palmach, Lehi, groupe Stern s'attaquent périodiquement, mais avec une grande violence, aux villages de la Palestine. La Palestine, c'est le nom de ces terres qui s'étendent entre la Méditerranée et le Jourdain.

    Ce jour-là, dès minuit passé, certains de ces terroristes s'auto-proclament État, sous la bienveillante compréhension des autorités anglo-saxonnes, reines du coin depuis les accords Sykes-Picot du 16 mai 1916. Aujourd'hui encore ce n'est pas plus : cet "État" n'a ni constitution (juste deux lois d'orientation), ni frontières reconnues par la communauté des nations. C'est d'ailleurs pratique : cela permet de continuer à s'étendre sans autorisation, d'où l'occupation illégale et illégitime du plateau du Golan à partir du 5 juin 1967.

    A partir de ce jour-là, les Palestiniens sont pourchassés de toutes les façons possibles, afin de donner un soupçon de vraisemblance à ce slogan choquant "une terre sans peuple pour un peuple sans terre". Beaucoup sont tués par ceux qui étaient des terroristes, et qui deviennent par un coup de baguette magique "l'armée". Beaucoup sont obligés de fuir (on parle de neuf cent mille). Malgré tout, il en reste encore beaucoup, sur leur terre qui désormais, là encore par enchantement, n'est plus la leur. Documents notariés, ou pas.

    Qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit aucunement d'une affaire religieuse. Aujourd'hui encore, de nombreux juifs refusent cet état de fait, y compris certains qui vivent depuis très longtemps dans un quartier de Jérusalem, Mea Shearim.  Mais aussi d'autres, qui manifestent souvent à Paris, à Washington...

    Il ne s'agit aucunement de "race" comme disaient certains, puisque cette notion n'existe tout simplement pas.  Il est d'ailleurs probable que des recherches d'ADN montreraient (et montrent, parce que quelques recherches ont effectivement eu lieu dans ce sens) que les vrais descendants de ceux qui vivaient là il y a mille, deux mille ans, sont ceux-là même que des intrus ont voulu chasser.

    Donc, le 15 mai 1948 est le pivot de cette appropriation par des gens venus d'ailleurs, de la terre mise en valeur avec ferveur par ses habitants séculaires. Il s'agit bien entendu d'une affaire politique, concrétisée dès le 2 novembre 1917 par la déclaration Balfour, une lettre adressée par le ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, à un autre Lord, banquier, qui s'appelle déjà Rothschild. Celui-ci est le descendant de celui qui, en 1815, se fit un joli coup de bourse le 18 juin grâce à la bataille de Waterloo.



    Cet « État » imposé aux forceps par les vainqueurs de l'époque est bien entendu sans aucune valeur, hormis la force qui le maintient encore pour le moment.  Il est la simple cristallisation en Asie du Sud-Ouest d'une sorte d'hyper-base turbulente, mais essentielle pour les maîtres de Londres et de Washington. Ceux qui ont le vrai pouvoir, bien entendu, pas les présidents, premiers ministres et autres personnalités au pouvoir très incertain. Et quand ceux-ci veulent apporter du bien, "des forcenés" tout surpris par le geste qu'on leur attribue sont accusés de les avoir retirés du peuple des vivants.



    Quand cet état de fait révoltant finira-t-il ? La communauté des nations va-t-elle se réveiller, maintenant que les empires de la mer commencent à devenir moins puissants (qu'ils le veuillent ou non)  ? Les descendants des cruels seigneurs Khazars qui s'étaient convertis au judaïsme par intérêt aux alentours du XVe siècle (souvent convertis – encore une conversion – aujourd'hui en banquiers) vont-ils enfin cesser de nuire au monde entier ?

    Citoyens de toute la Terre, n'oublions pas cette date funeste : le 15 mai 1948. C'était il y a septante ans, c'était hier, c'est encore aujourd'hui. Car aujourd'hui encore, des Palestiniens tout ordinaires sont chassés de leurs maisons (aussitôt détruites le plus souvent) pour laisser la place à d'autres venus d'ailleurs. D'autres dates furent tout aussi funestes, ailleurs : le 11 septembre 1974 au Chili, le 20 mars 2003 en Irak, le 13 février 2011 en Libye... toutes initiée par les mêmes : des banquiers aux dents hypertrophiées de morses.

    On se souviendra que souvent, au plus jeune de la famille ainsi privée de sa demeure séculaire est remise la clef de celle-ci, à transmettre à ses enfants.




    Un jour, ces familles reviendront, quand l'Empire anglo-saxon du Grand Capital se sera écroulé sous sa suffisance, sa morgue et sa violence. Dans vingt ans ? Probablement guère plus. Peut-être moins.



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  • Les doucereuses organisations humanitaires (sic) ont une façon très sélective de voir les choses. Dès que c'est un régime qui a l'aval de certains "grands pays" ou présentés comme tels, tout est permis à ce régime qui serait accueilli avec les hauts cris des vertueux "grands journaux de la planète" (ceux qui sont détenus par certains multimilliardaires) si c'était une levée de citoyens excédés par l'ingérence "des grands pays".

    C'est ainsi que Ahed Tamimi, jeune Palestinienne de seize ans, armée seulement de sa voix et ses poings, est "mise au trou" pour longtemps, peut-être même toute sa vie, parce qu'elle a eu l'outrecuidance de riposter avec ces pauvres armes aux hyperarmés soudards d'un régime qui a envahi la terre de ses ancêtres. Nulle "organisation humanitaire" ayant pignon sur rue ne relève cette "anomalie". Tout est normal au pays du déni du normal.



    Si "nos gouvernants" ne font rien, ne disent rien, ils seront considérés comme complices, et traînés dans la même boue. Permettre ce fait-là, c'est permettre tous les autres faits similaires dans le monde, de l'Orénoque au Mali, des escadrons de la morts mis en place par "l'École des Amériques" de sinistre mémoire un peu partout en Amérique du Sud, aux pseudo-islamistes entraînés et armés par les mêmes.

    Citoyens, restons du côté de ceux qui luttent pour leur survie ensemble, face à l'arbitraire d'une engeance qu'il faudra bien un jour éradiquer.

    bab

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  • Grâce au Citoyen Veilleur, je viens de découvrir ce magnifique entretien de Mahmoud Darwich, ponctué d'un poème sublime. Merci.

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    "J'ai de multiples images de l'Autre israélien. Multiples et variées. Il n'existe pas chez moi une vision unique et définitive de l'Autre.
    Celui qui m'a éduqué était juif, celui qui m'a persécuté l'était aussi. La femme qui m'aima était juive. Celle qui me détesta aussi.
    La guerre de 1967 a rompu les relations affectives entre les jeunes hommes arabes et les jeunes filles juives.
    L'idée d'ennemi avait en fait pénétré la relation; l'homme et la femme s'enlaçaient, mais l'ennemi était tapi sous leur lit. Dans mon poème "Un soldat qui rêve de lys blanc", j'ai raconté l'histoire de cet ami qui, après la guerre, vint me trouver pour m'annoncer sa décision de quitter Israël pour toujours.
    Il ne voulait plus être un rouage dans une machine de guerre. C'était un humaniste, et son éducation était fondée sur le pluralisme et l'ouverture.
    Venu en Israël avec des idées idéalistes, il avait découvert que la réalité était bien différente. Il est alors parti.
    Le poème le décrit ainsi: un individu qui se réfugie en lui-même, qui reprend son individualité à son groupe, mais la pression collective est puissante et dure.
    Nous avons appris l'hébreu en même temps que l'arabe. Toute ma génération maîtrise l'hébreu. La langue hébraïque est pour nous une fenêtre donnant sur deux mondes.
    Celui de la Bible d'abord, celui de la littérature traduite ensuite: ma première lecture de Lorca se fit en hébreu.
    De même pour Neruda. Je ne peux que reconnaître ma dette envers l'hébreu pour ce qui est de ma découverte des littératures étrangères.
    Je considère que la Bible est partie intégrante de mon héritage, alors que l'islam ne fait pas partie, à ses yeux, de l'héritage de l'Autre.
    Je n'ai aucun problème à me considérer comme le produit, le métis, de tout ce que cette terre palestinienne a dit, de tout ce que l'humanité a dit.
    Mais l'Autre refuse de faire de même, m'interdisant de m'associer à son identité culturelle et humaine. c'est lui qui réduit sa propre identité et la rend sélective.
    Le problème est que nous autres, les Arabes, nous nous sentons obligés de nous rattacher à nos racines et ce, pour fortifier nos défenses.
    Les autres nous y contraignent, bien plus que nous en avons envie ou le voulons.
    Je ne crois pas qu'il y ait au monde un seul peuple à qui on demande tous les jours de prouver son identité comme les Arabes.
    L'Arabe doit en permanence présenter ses papiers d'identité, parce qu'on cherche à le faire douter de lui-même. La seule identité dont je me revendique est celle de ma langue de poète."

    (Mahmoud Darwich, La Palestine comme métaphore, entretiens traduits de l'arabe par Elias Sanbar et de l'hébreu par Somone Bitton, éditions Actes-sud Babel)
    il rêve de lis blancs
    d'un rameau d'olivier
    de la floraison de ses seins au soir
    il rêve – m'a-t-il dit –
    de fleurs d'orangers
    il ne cherche pas à philosopher autour de son rêve
    il comprend les choses
    uniquement comme il les sent, hume
    il comprend – m'a-t-il dit – que la patrie
    c'est de boire le café de sa mère
    et de rentrer au soir

    je lui ai demandé : Et la terre ?
    il a dit : Je ne la connais pas
    et je ne sens pas qu'elle soit ma peau ou mon pouls
    comme il en va dans les poèmes
    Soudainement, je l'ai vue
    comme je vois cette boutique, cette rue ou ces journaux
    je lui ai demandé : L'aimes-tu ?
    il répondit : Mon amour est une courte promenade
    un verre de vin ou une aventure
    — Mourrais-tu pour elle ?
    — Que non !
    tout ce qui me rattache à la terre
    se limite à un article incendiaire, une conférence
    On m'a appris à aimer son amour
    mais je n'ai pas senti que son cœur s'identifiait au mien
    je n'en ai pas respiré l'herbe, les racines, les branches
    — Et son amour
    était-il brûlant comme le soleil, la nostalgie ?
    il me répondit avec nervosité :
    — Ma voie d'accès à l'amour est un fusil
    l'avènement de fêtes revenues de vieilles ruines
    le silence d'une statue antique
    dont l'époque et le nom ont été perdus


    il m'a raconté l'instant des adieux
    comment sa mère pleurait en silence
    lorsqu'il fut conduit quelque part sur le front
    et la voix affligée de sa mère
    gravant sous sa peau une nouvelle espérance :
    Ah si les colombes pouvaient grandir au ministère de la Défense
    si les colombes pouvaient grandir !

    il tira sur sa cigarette, puis ajouta
    comme s'il fuyait une mare de sang :
    J'ai rêvé de lis blancs
    d'un rameau d'olivier
    d'un oiseau embrassant le matin
    sur une branche d'oranger
    — Et qu'as-tu vu ?
    — J'ai vu l'œuvre de mes mains

    un cactus rouge
    que j'ai fait exploser dans le sable, les poitrines, les ventres
    — Combien en as-tu tué ?
    — Il m'est difficile de les compter
    mais j'ai gagné une seule médaille
    Je lui ai demandé, me faisant violence à moi-même :
    Décris-moi donc un seul tué
    il se redressa sur son siège
    caressa le journal plié
    et me dit comme s'il me faisait entendre une chanson :
    Telle une tente, il s'écroula sur les gravats
    il étreignit les astres fracassés
    sur son large front, resplendissait une diadème de sang
    il n'y avait pas de décoration sur sa poitrine
    il était, paraît-il, cultivateur ou ouvrier
    ou alors marchand ambulant
    telle une tente, il s'écroula sur les gravats
    ses bras
    étaient tendus comme deux ruisseaux à sec
    et lorsque j'ai fouillé ses poches
    pour chercher son nom
    j'ai trouvé deux photos
    l'une... de sa femme
    l'autre de sa fille

    je lui ai demandé : T'es-tu attristé ?
    il m'interrompit pour dire : Ami Mahmoud, écoute
    la tristesse est un oiseau blanc
    qui ne hante guère les champs de bataille, et les soldats
    commettent un péché lorsqu'ils s'attristent
    Là-bas, j'étais une machine crachant le feu et la mort
    transformant l'espace en un oiseau d'acier

    il m'a parlé de son premier amour
    et après cela
    de rues lointaines
    des réactions d'après guerre
    de l'héroïsme de la radio et du journal
    et lorsqu'il cacha un crachat dans son mouchoir
    je lui ai demandé : Nous reverrons-nous ?
    il répondit : Dans une ville lointaine

    lorsque j'ai rempli son quatrième verre
    j'ai dit en plaisantant : Tu veux émigrer ? Et la patrie ?
    il me répondit : Laisse-moi
    je rêve de lis blancs
    d'une rue pleine de chansons et d'une maison illuminée
    je veux un cœur tendre, non charger un fusil
    je veux un jour ensoleillé
    non un moment fou de victoire intolérante
    je veux un enfant adressant son sourire à lumière du jour
    non un engin dans la machinerie de guerre
    je suis venu pour vivre le lever du soleil
    non son déclin

    il m'a quitté, car il cherche des lis blancs
    un oiseau accueillant le matin
    sur un rameau d'olivier
    car il ne comprend les choses
    que comme il les sent, hume
    il comprend – m'a-t-il dit – que la patrie
    c'est de boire le café de sa mère
    et rentrer, en paix, avec le soir

    Mahmoud Darwich
    Introduit par A.Amri
    24.04.2013

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  • A Barbès, la manifestation pacifiste et solidaire a bien eu lieu, et nous y étions !

    Des militants du Parti de Gauche dénoncent « le traitement partial et mensonger » de la manifestation pour Gaza du 19 juillet à Paris et veulent « rétablir la vérité d’une réussite populaire face à la désinformation et aux manipulations politiques ».
    Alors que les bombardements israéliens ont redoublé d’intensité et que le bilan des victimes, côté palestinien, s’élève à près de 500 morts, suite à la journée la plus meurtrière depuis le début de l’offensive israélienne, le traitement médiatique de la situation en Israël-Palestine relève du scandale. La plupart des médias présentent l’attaque israélienne comme un conflit entre deux puissances égales et coresponsables tout en occultant la réalité de l’occupation du territoire palestinien par Israël et son régime d’apartheid. Mais cette lecture idéologique qui sape la solidarité avec le peuple palestinien ne s’arrête pas là.

    Nous, militant-e-s du Parti de Gauche, avons décidé de nous rendre à la manifestation du 19 juillet à Paris non autorisée par le gouvernement Valls. Comme de très nombreux citoyen-e-s, nous avons voulu exprimer notre soutien au peuple palestinien et protester contre cette interdiction scandaleuse. Est-il nécessaire de rappeler que la France a été le seul pays à interdire une telle manifestation de solidarité internationale ?

    Un traitement médiatique partial et mensonger
    Dès l’après-midi, les médias ont repris les poncifs de la communication gouvernementale : « explosion de violences » pour Le Figaro, manifestation qui « dégénère » pour Le Monde et Libération. Les images retenues sont bien entendu celles de casseurs, on évoque des pavés jetés, des violences, le drapeau israélien brûlé, des slogans antisémites, etc. La palme de l’article-poubelle revient certainement à Rue89 : hésitant entre le micro-trottoir ridicule qui mêle des extraits sans contexte et laissant affleurer des généralités fallacieuses et un parti pris grossier, il présente les policiers comme des hommes courtois (certainement entre deux tirs de flash-ball tendus et coups de barres de fer de policiers en civil). Pour de tels journalistes les manifestants seraient au mieux des imbéciles, au pire des personnes violentes et vulgaires, et bien entendu toutes plus ou moins antisémites. Les journalistes de Mediapart semblent, eux, avoir fait un réel travail d’investigation et de croisement des sources.

    Tout ceci fournit autant d’arguments à Valls pour justifier son interdiction a posteriori : les violences montreraient bien qu’il a eu raison d’interdire cette manifestation. Comme l’indique le communiqué des organisateurs, « c’est la décision politique, pour ne pas dire idéologique, du gouvernement usant d’une violence disproportionnée qui a créé les conditions des troubles à l’ordre public, dont le gouvernement porte donc la totale responsabilité ».

    Nous dénonçons le traitement partial et mensonger de ce qui s’est passé à Barbès. Nous protestons également contre cette inimaginable cécité médiatique : non, il n’est pas vrai que, comme il est écrit dans l’article de Libération, une fois les affrontements commencés à Barbès, « c’en était fini de toute manifestation ». Aucun média ne semble mentionner les rassemblements pacifistes à gare du Nord des manifestants qui n’ont pas pu se rendre à Barbès. Et encore moins cette incroyable réussite populaire d’un cortège ayant défilé avec calme et détermination pendant des heures dans les rues de Paris passant par la gare du Nord, la gare de l’Est pour arriver jusqu’au niveau des Halles (Châtelet), plusieurs milliers de manifestants ont scandé leur solidarité avec le peuple palestinien, une liberté que le gouvernement français voulait censurer. La police, débordée par les événements et ne prévoyant pas cette marche spontanée d’un peuple reprenant ses rues, était obligée de suivre le cortège en constatant une dispersion dans le calme en fin de défilé à Châtelet. La manifestation décrite par les journalistes n’a pas existé. Nous y étions et pouvons en témoigner.

    Ce sont les forces de l’ordre qui ont ouvert les hostilités
    La désinformation ambiante va même jusqu’à travestir ce qui s’est passé à Barbès, lieu initial du rassemblement. Dès 14 heures, l’ambiance était plutôt calme et les drapeaux français étaient brandis à côté des drapeaux palestiniens. Des personnes de tous horizons étaient réunies, aussi bien des adultes, que des jeunes, des enfants, des personnes âgées – et on pouvait noter une présence féminine particulièrement forte. Puisque certains journalistes ne semblaient pas être dans le même cortège, précisons que nous n’avons pas entendu une seule injure antisémite mais que nous avons pu voir des panneaux « Antisémites non, Humanistes oui ». Les slogans politiques les plus repris : « Israël assassin, Hollande complice », « Nous sommes tous des Palestiniens », « Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine ». Face à des citoyens révoltés de se voir confisquer leur liberté d’expression, ce sont les forces de l’ordre qui ont fait le choix d’ouvrir les hostilités : charges, utilisation massive et répétée de gaz lacrymogènes, matraques, etc.

    Alors que les forces de l’ordre sont censées disperser les manifestants et permettre leur évacuation, nous avons été bloqués avec l’ensemble des manifestants sur le boulevard ou dans les rues adjacentes. Asphyxiés par les gaz, les manifestants cherchaient à fuir le boulevard mais étaient repoussés par les CRS postés en amont. Cette stratégie répressive faisait des rues adjacentes de véritables souricières. Certains d’entre nous ont même dû se cacher dans les halls d’immeubles, portes cochères, pour éviter les violences policières et essayer de trouver une atmosphère respirable. Des foules ont ainsi été vigoureusement refoulées dans le métro, rappelant de sombres heures de l’histoire de France. Notons également que plusieurs manifestants ont tenté de répondre aux tirs par des sit-ins, pour bien souligner leurs intentions pacifiques. Cependant, on ne voit aucune photo des manifestants à terre devant la police… Cette police cherchait-elle à empêcher la manifestation et à la disperser, ou plutôt à provoquer affrontements et violences pour pouvoir ainsi justifier son autoritarisme et donner du grain à moudre aux manipulations politiques ? La réaction de Manuel Valls (qui pendant ce temps-là se promenait le long du tour de France pour satisfaire son plan de communication) est claire : l’ordre, la répression et la privation de liberté de manifester.

    Une belle manifestation populaire
    Au-delà de cette violence policière initiale, il faut souligner, dire et répéter ce que les médias ont choisi de taire : les manifestants, bien qu’ayant été dispersés, gazés, voire frappés, se sont regroupés spontanément et la manifestation a eu lieu, plusieurs heures durant, sur un vaste espace, dans les rues de Paris. Ces dernières n’avaient pas été bloquées, pas plus que le cortège, par une préfecture de police débordée, et pourtant aucune violence, aucun heurt, aucun incident. Mais les médias n’en parlent pas, à l’exception notable du Nouvel Observateur : « Manif pro-Gaza : partie de cache-cache dans les rues de Paris », article qui s’étend sur les trois cortèges de manifestation spontanée, et qui souligne leur réussite et leur pacifisme. Citons la fin de l’article : « A Barbès, le principal rassemblement de la journée, la manif spontanée a pris fin de façon beaucoup plus musclée. (…) Mais, ailleurs, toute la journée, de la gare du Nord aux Halles en passant par la place de Clichy, des cortèges plus ou moins spontanés, déterminés sans être violents, auront tourné la tête aux vieux routards du maintien de l’ordre de la préfecture de police, plus rompus à la surveillance de cortège organisés qu’à la partie de cache-cache inhérente aux manifestations soi-disant “interdites”. »

    Pourquoi, à part au Nouvel Observateur, les journalistes ne parlent-ils pas de ces manifestations ? Pourquoi les journalistes ont-ils choisi de rester place Barbès et de photographier ou de filmer quelques jeunes lançant des pavés plutôt que de mettre par écrit et en images ce fait : une fois libérés de l’assaut policier, nous avons marché dans Paris dans la plus grande tranquillité. Ne serait-ce pas parce qu’il serait ennuyeux pour le gouvernement de constater que, sans pression policière, les manifestants pro-palestiniens de Paris sont tout à fait capables de manifester dans le calme, comme cela a été fait à Londres et à Marseille par exemple ? Ne serait-ce pas parce que Valls serait alors forcé d’avouer que cette interdiction n’avait pas lieu d’être et qu’elle n’était qu’un coup de force scandaleux et liberticide ? Pourquoi ne voyons-nous aucune photo de ces milliers de manifestants pacifistes, qui s’excusent auprès des automobilistes coincés et qui expliquent leur démarche aux touristes attablés aux terrasses des cafés ? De même, l’épisode qui vit les manifestants reformer le cortège en haut de la butte Montmartre, reprendre les drapeaux avec détermination, et entamer une descente pour le moins audacieuse, a été passé sous silence. Tous les mensonges médiatiques ne pourront pas faire oublier le véritable enseignement de cette manifestation : le peuple est capable de braver les interdictions et les violences policières pour se réapproprier les rues de sa ville et défendre l’intérêt général. Gageons que ce qui s’est passé hier n’est qu’un début, et que les manœuvres du gouvernement n’auront pas raison de l’immense enthousiasme populaire qui soutient la lutte des Palestiniens contre la colonisation.

    Nous demandons à ce que les médias ne se comportent pas comme des chiens de garde à la botte d’un pouvoir à la déroute. Et qu’une rigueur journalistique effective leur permette de revenir sur ce traitement biaisé de la réalité et de réellement faire état de ce que nous et l’ensemble des manifestants avons vécu. Après nous être vus privés de la liberté fondamentale de manifester, nous citoyen-ne-s, nous voyons bafouer le droit à une information indépendante. Nous refusons l’odieux chantage à l’antisémitisme du gouvernement pour faire taire notre voix et celle du peuple palestinien Il faut faire savoir ce qu’il s’est vraiment passé à Barbès : la manifestation libre, populaire et pacifiste et solidaire a bien eu lieu, et nous y étions !

    Les auteurs sont militants du Parti de Gauche :
    Danièle Atala
    Daoud Baccouche
    Boris Bilia
    Fethi Chouder
    Julie Dusseaux
    Guillaume Etiévant
    Bruno Fialho
    Annick Flageollet
    Hugo Hanry
    Nourredine Kaddouri
    Ramzi Kebaili
    Bylal Khellouf
    Djordje Kuzmanovic
    Mathilde Larrère
    Nathalie Levallois
    Hugo Lycurgue
    Maximilien Perret
    Christian Rodriguez
    Aissa Terchi
    Jean-Sébastien Thirard
    Laélia Véron
    »» http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210...
     
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  • Ria Novosti, l'agence russe, délivre un message terrible pour le Proche-Orient.

    Yasser Arafat pourrait avoir été empoisonné (cela semble confirmé) en raison des dissensions entre les factions palestiniennes de l'époque.

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    Une confirmation de l'empoisonnement d’Arafat remet en cause le règlement au Proche-Orient

    Dossier: L'hypothèse de l'empoisonnement de Yasser Arafat

    Yasser Arafat. (Аrchive)
    17:21 14/10/2013
    MOSCOU, 14 octobre – RIA Novosti
    Le règlement du conflit israélo-palestinien pourrait se retrouver définitivement dans l'impasse si l'empoisonnement au polonium du chef de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat était confirmé, pense Vladimir Sotnikov, expert russe  de l'Insitut d'études orientales.
    La revue britannique le Lancet a publié hier les résultats d’une étude suisse confirmant la version selon laquelle Arafat aurait été empoisonné au polonium-210, un élément radioactif.

    "De nombreuses spéculations apparaîtraient si ces informations étaient confirmées. Les accusations visant les renseignements israéliens pourraient alors dériver vers des spéculations concernant l'implication de certaines fractions de l'Organisation de libération de la Palestine, qui n'étaient pas d'accord avec la politique du défunt Arafat concernant la création de l'Autorité palestinienne. Cela pourrait, au final, enrayer tout le processus de paix", a déclaré Vladimir Sotnikov à RIA Novosti.

    D'après lui, le nombre de spéculations serait trop important et le fait qu’Israël devrait alors se justifier rendraient "impossibles" des négociations sérieuses.

    Concernant l’influence de telles révélations sur le processus de paix, Evgueni Satanovksi, président de l'Institut du Proche-Orient et d'Israël, a déclaré que ce problème était "exclusivement palestinien" et que les Israéliens n'y avaient "aucun intérêt". Selon l'expert, le thème de l’empoisonnement d'Arafat au polonium intéresse uniquement les forces palestiniennes qui luttent pour le pouvoir à l’intérieur du pays.

    Yasser Arafat, fondateur et premier chef de l'Autorité palestinienne qui a reçu le prix Nobel de la paix pour sa participation aux négociations avec Israël, est décédé le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire en région parisienne. L'enquête officielle sur les causes de sa mort a commencé en été 2012 quand la chaîne qatarie Al Jazeera a annoncé la découverte, dans les effets personnels d'Arafat et dans son organisme, de l'élément radioactif polonium-210. Les journalistes avaient alors demandé aux chercheurs de l'Institut de radiophysique (IRA) auprès du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) de Lausanne d'effectuer des analyses : ils travaillent actuellement sur la demande des autorités palestiniennes. Les Palestiniens ont évoqué à de nombreuses reprises l'implication d'Israël dans la mort de Yasser Arafat. L’Etat hébreu a toujours nié ces accusations.

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