Pour autant que j'en sache (je ne suis pas un rat de bibliothèque universitaire, et depuis longtemps), effectivement il y a eu une grosse pression militaire des hordes de Trotski au début des années 1920, avec manifestement un excès de zèle des mondialistes de l'époque, contre les anarchistes-paysans du Donbass (eh oui, pas de l'Ukraine). Ceux-ci avaient utilement tenu tête à l'armée "blanche" commandée par Dénikine, les restes des soldats encore favorables – plus ou moins volontairement – au Tzar, renforcés par des "volontaires européens" (tiens, ça me rappelle quelque chose). Exsangues, ces simples paysans ont alors été attaqués par l'armée dite "soviétique" (alors que ce sont eux qui avaient créé des soviets indépendants et fiers de l'être) parce que l'armée soviétique obéissait à un soviet suprême à des milliers de lieues de leur façon de penser.
Tout vrai paysan, partout dans le monde, se considère comme le responsable des terres qu'il fructifie par son travail donné sans compter. Bien que cela n'ait rien à voir avec une vision mercantile qui ne voit que l'aspect "notarial" de la chose, il se considère de fait comme propriétaire de cette terre avec laquelle il fait corps. On peut comprendre que le mouvement ouvrier ait du mal à assimiler cette notion absolument naturelle. Fils de paysan, je peux témoigner de cette évidence (pour un vrai homme de la terre) qui rechigne avec raison (oui, là je donne mon opinion) à accepter un autre statut.
Un processus assez similaire à la dékoulakisation a eu lieu en France à la fin des années 60, mais de façon si subtile que peu l'ont compris. Cela correspond grosso modo au passage de la récolte en deux temps des céréales, laissant au grain le temps de finir de mûrir tranquillement dans les gerbiers, avant d'être battu et de se retrouver en sacs destinés aux négociants ou aux coopératives ; à la récolte un peu plus tard (ne pas rater son coup) par les moissonneuses-batteuses. Soudain, les épis sur pied se retrouvaient quelques heures plus tard bon gré mal gré, dans des silos qu'il fallait ventiler (à la charge des récoltants) pour éviter la moisissure. La qualité baisse de plusieurs points. Tant pis pour l'utilisateur. Dans les années 50-60 la norme écologie n'existait pas, parce qu'il n'y avait partout que quelque chose de supérieur. Maintenant on paie pour un succédané de ce qui était naturel et général. Un problème, non ?